‹ Le parler franco-acadien et ses originesChapitre 34 sur 179 · The King can do no wrong, le roi ne peut mal faire · texte numérisé non relu

The King can do no wrong, le roi ne peut mal faire

7. — On entend des prédicateurs et des personnes d'esprit qui 'prononcent la ville de Houme. ” Dumas, (1733), Th. 11, 525.

8. — ... Chouse. . . comme on prononce à la cour ” Henri Estienne,, Traité de la langue française-italienne.

Dans les mots où le Conservatoire chouse, c’est du français le plus pur ; lorsque c’est un paysan de Normandie, du Poitou, de la Touraine, du Berri, ou d’Acadie, cela détonne et fait sourire : c’est du patois.

La prononciation de la voyelle o subit, aujourd’hui même, une transformation, en France ; elle est, dans un grand nombre de mots, à l’état de transition. Dans alors, d'abord, encore, par exemple, ce n’est plus le bon vieil o d’autrefois, rond, plein, sonore, celui que l’on entend sur les bords du Saint-Laurent, sur les rivages du détroit de Northumberland et de la baie Sainte-Marie ; c’est un son qui tient le milieu entre un o et un a moyen, et qui est peut-être plus rapproché de a que de o, de encore, que de encore.

Le timbre de la voyelle u, si malaisé à rendre pour un Anglais est absolument le même à Shédiac qu’à Paris.

La figure de la lettre u, nous vient du latin, mais non pas le son que nous lui donnons. L’u latin se prononçait ou, tel que la liturgie romaine veut qu’on le prononce, aujourd’hui, dans les prières du culte.

Le son particulier que nous donnons à cette voyelle, (on l’entend aussi au Piedmond, en Danemark, où il s’écrit par y, en Allemagne, où il est représenté par un ü, et même en Turquie et en Chine, parait-il), n’est pas un son moderne. La langue indo-européenne, langue-mère du grec, du latin, du germain, du russe, du Scandinave, du celtique, etc., le connaissait, apparamment ; le celtique, en tous cas, le connaissait, puisque c’est des Celtes-Gaulois, nos véritables ataves, que nous le tenons. Il y a apparence que Vupsulon représentait, dans la langue grecque, le timbre de notre u français et acadien.

U se traduit par i dans quelques mots acadiens : riban pour ruban, par exemple.

Au lieu de un, ainsi qu’il a été dit plus haut, nous disons, comme en Touraine et en Berri, ien, ou plutôt y in, avec l’yod palatal, quand l’adjectif numéral n’est pas suivi d’un autre mot, et in quand il qualifie le mot suivant : in cheval ; il ne m’en

leste plus q ayien ; il n’y en a rien qu’yien. Au féminin, nous disons : eune femme ; j’en veux yeune, ou y une.

Tout ceci encore est une relique de l’ancien français. Dans la scène III de la N oce de I illage de Rosimond, on trouve, yeun, yeune. De nos jours, M. Gabriel Nigond1 intitule l’une de ses poésies : Eun maison. C’est la prononciation dialectale de ce mot dans presque tout le centre de la France.

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