‹ Le parler franco-acadien et ses originesChapitre 58 sur 179 · Du latin calorem · texte numérisé non relu

Du latin calorem

La Neige

La neige était un phénomène céleste presque nouveau pour eux. Elle fut l’occasion d’images pittoresques et de quelques néologismes. Par exemple, ils rentraient au logis tout enneigés, 1 l’hiver, quand elle tombait par bourrasque.

Bourrasque, cependant, ne se dit plus guère ; c’est le mot bordée qu’on emploie le plus souvent : une petite bordée est celle qui couvre à peine les chaumes ; une grande bordée, celle qui s’abat violemment, fouettant le visage comme fait une frégate qui crible de ses bordées le flanc d’un navire ennemi.

Les amoncellements de neige qui suivent les tempêtes et qui ressemblent à des soulèvements énormes de vagues congelées,, sont des roulis2. Dans l’ancienne langue, roulis était synonyme de rouleau. Nous disons aussi des roues de neige. Etymologiquement. roulis, rouleau, et roue c’est tout un. Les Canadiens disent, par analogie, des bancs de neige, comme on dit banc de sable en français.

Cette neige tourbillonnante qui vous enveloppe, qui vouspénètre, qui vous aveugle, c’est une poudrerie ; c’est de la poudre de neige qui vole. Aux Iles'-Madeline, ils l’appellent poudrain. Toujours à l’arrière plan, une vision guerrière se dessine 3 4 5.

Par les temps doux, (un doux-temps est un dégel, l’hiver), quand la neige est pelottante, les pattes 4 des chevaux bottent0

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