‹ Le parler franco-acadien et ses originesChapitre 94 sur 179 · Fixer, maintenir en place. Formé sur le s. solide · texte numérisé non relu

Fixer, maintenir en place. Formé sur le s. solide

et des clayons 1 aux bons endroits, les barrières pour les animaux r et les attelages, les clayons pour le monde.

Le moyen d’empêcher les chevaux de passer d’un enclos à un autre, lorsqu’ils sont malfaisants, c’est de leur mettre un enfarge 2 au cou ; aux brebis c’est un talbol 3 que l’on met ; aux pirounes, c’est un carcan1 2 3 4 5.

Les berbis et leurs aigneaux 5 rongent l’herbe bien rac 6 7 8. Aussi les envoie-t-on ordinairement au bois, le printemps, après lesavoir marqués à l'oi’eille d’une marque particulière, afin que chaque propriétaire puisse reconnaître les siennes, à l’automne.

Pourvu qu’un fermier cueille (récolte) assez pour hiverner ses animaux et nourrir sa famille, il est content.

Pour se dire tout à fait à l’aise, il faut qu’il possède au moins une paire de gérais. Tout garçon en état de se marier doit en avoir un à lui, un bon geval fringant, qu’il frit mâter (pour se mâter) sur ses jarrets, quand qu’il arrive chez sa blonde ', pour veuiller.

Le comble de l’humiliation pour lui serait que son cheval se bouquât 8 en partant, ou qu’il ne pût pas en jouir9, une fois parti. On se moquerait de lui. Nos Acadiennes, douces, tendres, fidèles, quand elles sont mariées, sont assez intraitables avant

1. — Petite barrière pour les piétons, placée ordinairement à côté decelle, plus grande, destinée aux voitures. Diminutif de claie.

2. — Collier de bois passé autour du cou et s’allongeant jusqu’à terre,, qui empêche le cheval de sauter. Farges signifiait, en vieux français, fers de prisonnier. Entraves.

3. — Bille de bois attachée au collier, moins longue, mais plus lourde,, qu’un enfarge.

4. — Planchette, percée d’un trou, que l’on met autour du cou d’un oie.

5. — Agneau. En vieux français, aignel, et aigneau. Du doux aigneau, fit son visage ”. Ronsard. Ode.

6. — Ras. Ric-à-rac, en Anjou, se dit pour tout juste assez. Semble venir du breton rah. Il y a le Cape-race, à Terreneuve (Anglais) et l’ilot du rac (Français), au Labrador.

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