‹ Le parnasse breton contemporainChapitre 145 sur 198 · LES DEUX VOYAGEURS · texte numérisé non relu

LES DEUX VOYAGEURS

LE ruisseau court dans sa patrie ; Le jeune homme, hélas ! en est loin.

Tous deux s'en vont de compagnie , A travers la lande et le foin.

L'çeil de l'adolescent se mouille, Il marche d'un pas soucieux ; , Le ruisseau, lui, gaiement gazouille Sur son petit lit rocailleux.

La lèvre du jeune homme, au pâtre Qui sourit, répond tristement ; Mais le ruisseau coule folâtre, Saute et bondit joyeusement.

Tous deux maintenant en silence Descendent le même chemin :

Le ruisseau moins joyeux s'élance ; Le jeune homme a l'air moins chagrin.

ONÉSIME PRADÈRE. 2*Î3

Dites-moi, je ne comprends guère Cejchangement dans votre sort, Toi, ruisseau, si content naguère ; Toi, garçon , si triste d'abord !

Lentement le ruisseau se traîne Sous rherbe verte et le cresson ; Le garçon sourit à la plaine.

Pousse un cri, dit une chanson.

Le ruisseau voit avec tristesse Qu'il a quitté des lieux chéris ; Le jeune homme est plein d'allégresse Il a retrouvé son pays !

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