BOUTADE
A mon ami H. LeféuTre-Mêaulle^
MONTAIT vers la nue irisée , Voici que le uiatia frileux Floconne aux angles des toits bleus Que diamante la rosée.
C'est un délicieux maiiu, Uq apaisant matin d'automne, Si délicieux, qu'on s'étonne De rêver de Fêté lointain.
Et pourtant j'en rêve, et je pleure :
Sr affolant en de vains regrets ^ Je me lasse à courir après Le fantôme bleu qui me leurre.
Par les chauds après-midi d'aoi\t,
Les douleurs semblent endormies, El Ton sent, en ces accalmies. Passer, venant on ne sait d'où,
Dans Tatmosphère transparente, Des vols de bonheurs égarés Qui s'abattent sur le.s griiiids prés Tout rouges de fleurs d'amarante.
Je regrette les frisons blancs Qu'en sa coquetterie ex(iuise Mettait à son front de marquise La mer vieille de six mille ans.
J.-6UY ROPARTZ. 23t
Je regrette la blonde plage Où, tout en jouant au croquet, Mainte fillette provoquait Le flirt, avant d'en avoir Tâge.
Je regrette vos rires francs, Pensionnaires échappées , Durant nos folles équipées Loin de l'œil grave des parents.
Je regrette surtout, Marie, De vos grands yeux énamourés Les charmes longtemps savourés Dans nos heures de causerie.
Et les discrets demi-aveux Tombés de vos lèvres tremblantes, Quand la langueur des valses lentes Unissait presque nos cheveux.
De peur d'en trop dire, j'arrête Ici mes souvenirs d'été ; Je crains d'avoir encore été Amoureux... et je le regrette.