AU POETE
N'alanglis pas ton Ame à de vaines chimères, Mais, courbant ton vouloir sous des efforts puissants* Chasse la décevante illusion des sens ; Car les rêves d'amour, vois-tu, sont éphémères.
Lorsque tu vois, pendus aux seins féconds des mères, Les enfants aux grands yeux d'azur si caressants, Tu les voudrais à toi peut-être et tu ressens. De vivre délaissé, les tristesses amères.
Mais si le Ciel t'a fait poète, tu dois, seul, Parcourir les sentiers où le rêve te mène.
Enveloppé dans Fart comme dans un linceul ;
Reste libre de toute affection humaine
Et, quand la mort viendra, les anges poseront
Le diadème lourd des mages à ton front.