GLOIRE A LA LANGUE CELTIQUE
Hommage à M. F.-M. Luzel.
LE Celte se parlait, dans sa beauté première, Sous le ciel d'Orient, d'où vient toute lumière. Il a couru le monde avec les conquérants, Il a suivi le flot des vieux peuples errants, Et fier, libre, invaincu, farouche et solitaire, S'est fait une patrie aux confins de la terre.
Nul dialecte humain n'est plus noble que lui. Vieux comme l'homme, il est encor jeune aujourd'hui. Aussi , quelle vigueur, quelle force est la sienne ! Dans ses virilités, on sent la sève ancienne. On croit entendre comme un écho souverain Des peuples qui, naguère, ont vu l'âge d'airain. Il n'a point la douceur des langues éphémèi*es , Mais l'accent guttural et dur des langues mères. Ceux qui l'ont enfanté dans leur cerveau puissant Étaient d'âpres guerriers et des hommes de sang.