LE PARFUM IMPERISSABLE
QUAND la fleur du soleil, la rose de Lahor, De son âme odorante a rempli goutte à goutte La fiole d'argile, ou de cristal, ou d'or.
Sur le sable qui brûle on peut l'épandre toute.
Les fleuves et la mer inonderaient en vain Ce sanctuaire étroit qui la tint enfermée :
Il garde en se brisant son arôme divin.
Et sa poussière heureuse en reste parfumée.
CHARLES LECOxNTE DE LISLE. 11
Puisque par la blessure ouverte de mon cœur Tu t'écoules de même, ô céleste liqueur, Inexprimable amour, qui m'enflammais pour elle î
Qu'il lui soit pardonné, que mon mal soit bém! Par-delà l'heure humaine et le temps infini, Mon cœur est embaumé d'une odeur immortelle !