‹ Le parnasse breton contemporainChapitre 84 sur 198 · LE MYSTERE DE LA VIE · texte numérisé non relu

LE MYSTERE DE LA VIE

SOLEIL, indique-moi lorigine de Têtre :

Chaleur, humidité, mystérieux ferment , Principe de la vie , ose donc apparaître A mon regard chercheur; je le veux ardemment.

Partout j'entends ce mot : Progrès de la science ! L'esprit doit tout sonder, le passé, l'avenir ; Tout savoir et tout dire; il va sans défiance Par des chemins nouveaux; sait-il en revenir?

Le siècle sur le siècle a jeté sa poussière ; L'antiquité visait au but que nous cherchons ; Cependant l'inconnu, devant notre âme altière , Se dresse impénétrable et toujours nous marchons.

D'où viens-je ici , que suis-je , insoluble problème , Aux chrétiens seulement par le Christ révélé. Qu'il démontre la vie en un seul théorème Et le savant triomphe ou demeure accablé.

nu LE PARNASSE BRETON CONTEMPORAIN.

Mais je le chtjrche en vain, le germe de la vie, îi'àge en âge brisé, d'âge en âge vivant; Immortelle et mortelle, existence ravie Qui semble disparaître en un souffle du vent.

Nous reprochons à Dieu de créer le mystère, D'entraver la raison en imposant la foi, Quand nous ne pouvons pas comprendre de la terre Le passé, le présent, l'avenir et la loi.

Si je veux uu instant regarder vers Tespace, Au-delà de ce que nous appelons les cieux, Dans un abime noir devant moi tout s'efiFace, Tout mon être frissonne et recule anxieux.

Nôtre savoir est nul devant ce vide immense.

Lacune de lesprit que rien ne peut combler.

Secrets de l'univers, secrets de Texistence, Je sens en vous cherchant mon esprit se troubler.

LÉO KERMORVAiN

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