‹ Le Parnasse breton contemporain, publiéChapitre 102 sur 217 · LA CHASSE A L'ECUREUIL · texte numérisé non relu

LA CHASSE A L'ECUREUIL

A mes élévts.

Balancé dans son nid de mousse , Il grignotait du bout des dents Le fruit de ses vols impudents, Tendre noisette ou faine douce.

Dont les sucs laiteux et fondants Coulaient sur sa moustache rousse.

Si les ramiers n'eussent gémi, Le silence eût permis d'entendre Le pas même d'une fourmi...

S'applaudissant d'avoir su prendre Des fruits si beaux, au cœur si tendre, Il grignotait, presque endormi.

Voici que des prochaines sentes Des clameurs ont soudain jailli, Mille clameurs de voix perçantes ; Et les ramiers du bois joli.

En le quittant, l'ont tout rempli Du bruit de leurs ailes puissantes.

C'est la troupe des écoliers,

Qui vocifère et s'époumonne.

En chasse !... Et le fer des souliers

Dans l'herbe écrase l'anémone,

Et sous des coups multipliés

Le tronc des vieux chênes résonne.

Au grand bruit longtemps entendu Succède un effrayant silence , Puis, tout le bataillon s'élance, L'œil ardent et le cou tendu , A l'assaut du pin qui balance Le pauvre écureuil éperdu.

a Un nid! un nid! » Clameur de joie, Que répercutent les échos ;...

Et de ces mignons moricauds Le nez fin flairant une proie S'épanouit d'aise et rougeoie Comme en juin les coquelicots.

C'est l'ennemi ! Déloge, alerte, Bel hal)itant des pins fourchus !

Et, comme font les moustachus, Enfonçant tes ongles crochus Dans la molle écorce entr'ouverte , Escalade la cime verte !

Et ne perds pas les étriers !

Compte : Au pied du pin qui te cache ,

Cent soixante arbalétriers !

Relève ta queue en panache,

Et, les pattes sur ta moustache ,

Fais la nique à tes meurtriers !

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