‹ Le Parnasse breton contemporain, publiéChapitre 130 sur 217 · THOMAS MAISONNEUVE · texte numérisé non relu

THOMAS MAISONNEUVE

Les subtiles senteurs légères Qui glissent sur les halliers verts Font au cœur à peine entr'ouverts Naître des chansons passagères.

Le couchant ressemble à l'aurore Dans ses mousselines d'ors fins, Et l'on entend les séraphins Préluder sur le luth sonore.

L'ineffable concert des anges Berce le frais sommeil des fleurs Au boudoir des sentiers siffleurs Où ne chantent plus les mésanges.

Illuminons notre jeunesse A ce flambeau mystérieux, Où les désirs victorieux Allument leur chaude caresse.

Unissons nos voix amoureuses Aux voix exquises des vallons.

Où d'invisibles violons Murmurent leurs notes heureuses !

Viens sous le dôme des ramées Où s'endort le dernier rayon ; La nuit du bout de son crayon Ecrit les romances aimées ; Viens sous le dôme des ramées.

Dans V Alléluia des amants, Que tout redit aux cieux immenses, Cherchons les candides démences. Il est des baisers, des serments Dans Y Alléluia des amants.

Sur le parchemin des nuages, Où se livrent bien des secrets.

Les beaux chérubins indiscrets Brossent d'étranges paysages Sur le parchemin des nuages.

Dans le calme du calme soir.

L'âme des jeunes fiancées Laisse s'envoler leurs pensées Vers le fiancé plein d'espoir, Dans le calme du calme soir.

Partout Famour étend son aile .

n plane un long frémissement Dans ce suprême enchantement; Comme une caresse éternelle, Partout l'amour étend son aile.

Tout dort. Voici la nuit, faisons comme les bois. Endormons-nous. Rêvons d'un rêve plein d'ivresse. Repose sur mon cœur ton front lourd de paresse, Et pour les pays bleus partons les doigts aux doigts. Tout dort. Voici la nuit, faisons comme les bois.

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