LUNAIRE
JE rêve bien souvent d'une femme mystique Qui glisse autour de moi ses vagues formes nues Avec la majesté langoureuse des nues Déroulant dans l'azur leur cortège apathique.
Dans ses yeux clairs repose une flamme extatique, Et je crois voir flotter sur ses lèvres ténues Des paroles d'amour vainement retenues, Des effluves d'encens et des airs de cantique.
Mais elle tient toujours vers les cieux ses prunelles,
Et sur ses lèvres les paroles solennelles
D'amour, sans s'exhaler, meurent l'une après l'une.
Et muette, sans voir, elle m'étreint, très lente Et très douce, inondant ma tète chancelante Avec ses cheveux blonds enveloppés de lune.