‹ Le Parnasse breton contemporain, publiéChapitre 153 sur 217 · MON PAYS · texte numérisé non relu

MON PAYS

QUEL beau pays que ma Bretagne, Quand le chaud soleil des étés Tombe en rayons sur la montagne Et l'inonde de ses clartés !

Quel beau pays, quand nulle haleine Ne fait frissonner les halhers !

Quand tout repose dans la plaine Et dort dans les hauts peupliers ;

Quand nul vol d'oiseau ne s'élance A travers les grands bois épais ; Quel beau pays, dans le silence, Dans le repos et dans la paix !

Et qu'il est bon de fuir les villes Pour les rivages de l'Armor, Quand la mer, aux ondes tranquilles, Couvre d'azur les sables d'or !

Qu'il est bon croublier un monde Tourmenté par un ouragan, En écoutant la voix profonde Et paisible d'un Océan !...

Qu'il est bon d'errer solitaire Tout à son rêve, tout à soi.

Sur les côtes du Finistère, Pays où règne encor la Foi ! . . .

Où le Dieu, qu'ailleurs on détrône, Est toujours le Dieu couronné ; Où l'astre des Mages rayonne Toujours sur l'Enfant nouveau-né !

Que la Bretagne est sainte et belle !.. Je suis fière, j'en fais l'aveu, D'être encore à genoux comme elle , Encore à genoux devant Dieu!...

Et, comme elle, toujours croyante, Les yeux ouverts, mais éblouis, De voir, moi poète et voyante.

Mon Dieu planant sur mon pays!,..

Quel beau pays que ma Bretagne, Sous ses longs voiles de brouillard, Quand le front nu de la montagne Semble un front chauve de vieillard !

Lorsque l'hiver gronde et foudroie La cime des rocs de granit, Et que tous les oiseaux de proie Pour l'orage quittent leur nid ;

MADAME AUGUSTE PENQUER. 209

Lorsque tous vont à la curée Comme des dogues dévorants, Fous de cette rage enivrée Des petits contre les plus grands,

Poursuivant ainsi, dans Tespace, La route du vaisseau géant Qui sombre sous Forage... ou passe.

En roi, maître de l'Océan !...

Quel beau pays que ma patrie !

Pays des forts et des ékis.

Où l'honneur se révolte et crie Contre qui ne l'écoute plus ;

Contre la froide indifférence Qui frappe et détruit, en ce jour, Le plus beau des fruits que la France Ait cultivé : Le fruit d'amour!...

Quel beau pays que ma Bretagne, Pays sublime en ses efforts.

Où ceux que l'honneur accompagne Sont les élus et sont les forts !

Sois bénie, ô Bretag-ne aimée !

Bretagne qui me regardas Et confias ma renommée Au nom divin des Vellédas!...

Sois bénie, 6 mon Armorique !

Par moi, bénie !... et, mieux encor, Par la prêtresse druidique, Velléda, l'org-ueil de l'Armor!...

SYNDORIX

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