‹ Le Parnasse breton contemporain, publiéChapitre 18 sur 217 · LA REINE MARGUERITE A DAMIETTE · texte numérisé non relu

LA REINE MARGUERITE A DAMIETTE

L'épouse du saint roi, retenant le sanglot, Sur un lit de douleurs, solitaire, est couchée ; Sa tête penche : telle, une fleur desséchée Que l'ûpre vent du nord effeuillera bientôt.

Tn chevalier, vieillard d'imposante stature,

Qui porte sans fléchir ses quatre-vingt-dix ans.

A cet honneur insigne, hommage aux cheveux blancs,

De veiller là, debout, le fer à la ceinture.

Jeune, dans la bataille, et portant l'étendard. Au fort de la mêlée, il s'écriait : Montjoie I Devant la femme en pleurs le guerrier s'apitoie. Mais l'àme du héros survit en ce vieillard.

Cors, sambutes, clairons, répondent aux cymbales : Louis n'est-il pas mort frappé par l'Osmanh?.., A chaque bruit nouveau, l'épouse sur le lit Tressaille. L'homnui marche à grands pas dans les salles.

« S'ils entraient, Monseig-neur, dans le camp des Français, « Ne voudriez-vous point par grand'pitié m'occire ? » Le croisé releva son visage de cire.

Tira le glaive, et dit : « Madame, j'y pensais. »

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