LES POETES
ILS sont fous, disent-ils en leur dédain moqueur. — Vous qui versez, gardant pour vous la lie anière, Du ciel mystérieux et calme où votre àme erre. Le vin pur de vos chants bénis en notre cœur!
Fous ! ces chantres divins, impérissable chœur Emporté dans le vol ardent de la Chimère , Ces Poètes ! Hugo ! Dante ! Virgile ! Homère I Pères des rimes d'or et du rythme vainqueur 1
Oui ! les voilà, ces fous sacrés, dont la démence. Jetant aux quatre vents du ciel son Verbe immense, A le suprême orgueil de tutoyer les dieux !
Ceux qui, fuyant la terre où l'ombre tend ses toiles,
Dans l'éternel azur du Rêve radieux,
Ont eu le front fêlé par le choc des étoiles !