‹ Le parnasse hippocratiqueChapitre 127 sur 149 · L'ENFANT MALADE · texte numérisé non relu

L'ENFANT MALADE

Odette un jour était malade. Il fallait pour guérir, disait le médecin, Prendre une ou deux cuillers de l'huile de ricin. Odette ne voulait que de la limonade.

Sa mère (elle adorait sa mère cependant) Avait beau la prier, tout était inutile : « Voyons, ma chère enfant, ne sois pas indocile. Je vais te la donner moi-même en y goûtant.

— Je ne veux pas !

— Après on mange une pastill

— Tu m'en donneras deux?

— Eh bieD ! oui, bois !

— Ouais 1 Je ne veux pas, c'est trop mauvais !

— Je t'en supplie, allons, du courage, ma fille! Bois ! et je m'en irai t'acheter de ce pas...

— Quoi donc?

— Une poupée !

— Oui, mais je la veux belle, Avec un trousseau fait pour elle!

— Eh bien, tu l'auras, bois !

— Ouais, je ne veux pas !

— ' Ahl malheureuse enfant, c'est vouloir que je Puisque tu ne veux pas guérir! [meure,

A- quel moyen donc recourir? »

Et, se tordant les mains, la pauvre mère pleure. Odette se décide, e le prend le ricin,

Et sur la place L'avale d'un seul trait, sans faire une grimace. Sa mère tendrement la presse sur son sein : << C'est très bien ! Je t'aimais : tu m'es deux fois

[plus chère.

Tu le vois, mon amour, ce n'est pas si mauvais!

— Oh ! si, c'est bien mauvais, maman, mais tu

[pleurais! 5> Une larme qu'on voit dans les veux de sa mère. Toute amertume est moins amère !

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