‹ Le parnasse hippocratiqueChapitre 143 sur 149 · SCENE III ECZÉMA, ACNÉ · texte numérisé non relu

SCENE III ECZÉMA, ACNÉ

ECZÉMA

Dans cette chère enfant quelle candeur charmante Et pourtant, mon Acné, je vais te houspiller. Tu médis des puissants ; à ton âge, briller Par sa seule beauté, c'est la loi naturelle. Mais, petite, plus tard, lorsque tu seras vieille, Tu pourras regretter d'avoir légèrement Envisagé les faits. Réfléchis mûrement A mes sages avis. Va, crois-en ta maîtresse, Cela ne gâte rien, un bon rang de noblesse, La diathèse, Acné, c'est ce que nos aïeux Ont de plus raffiné, de plus sublime en eux! C'est, dans un jeune sang, l'ineffaçable trace

Du glorieux passé de toute notre race ; C'est la sève éclatant aux chaleurs de l'été Sur le bourgeon fleuri que le tronc a porté. C'est notre être, c'est nous ! c'est ta vivante image ; Sous les traits d'un enfant je revois ton visage ; Et, dans les rejetons d'un noble et pur amour, Je devine le sang qui leur donna le jour ! Ah ! si tu pouvais lire au fond de ma pensée ! Mais quoi ! par le chagrin ton âme est oppressée 5 Tu pleures, chère Acné ?

Comme vous parlez bien !

Ces nobles rejetons, ces moutards, nom d'un chien Tout cela m'a donné un moment la berlue. Assez, Madame, assez, j'en suis encore émue.

Calme-toi, mon enfant. Tiens, voilà mon mouchoir Pour essuyer tes yeux ; tu me liras ce soir Un ouvrage que j'ai là, sur moi, dans ma poche; Il a trait à cela. . . (1). D'ici quelqu'un approche. Entends-tu ce galop ? C'est quelque messager ; Voyons ce que nous peut vouloir cet étranger. Il soulève en courant des flots gris de poussière... Fais-lui donc apporter une chope de bière.

(1) Les Scrofules, de M. le D' Bazin.

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