LA CALVITIE
On reconnaîtra dans ce sonnet sur la calvitie, la poésie de notre aimable confrère Gamuset.
Coiffeur ! tu me trompais, quand, par tes artifices. Tu disais raffermir mes cheveux défaillants. Ceux qu'avaient épargnés tes fers aux mors brù-
[lants.
Tu les assassinais d'eaux régénératrices î Tu m'as causé, coiffeur, de si grands préjudices, Que je te voudrais voir, ayant perdu le sens, Sur toi-même épuiser tes drogues corruptrices Et tourner contre toi tes engins malfaisants. Ainsi, quand l'ouragan s'abat sur la futaie, D'un souffle destructeur il arrache et balaie La verte frondaison qui jonche le chemin. Au bocage pareil, mon front est sans mystère. Il ne me reste plus un cheveu sur la tète, Et je gémis, songeant au crâne de Robin.