MA MALADIE
Ci-git, étendu sur son lit.
Un bon vivant, mauvais malade,
Buvant la tisane et l'ennui,
Pour expier mainte escapade.
JVlalgré mon modeste taudis,
Quelqu'un vient... c'est un camarade
De Lisette un léger sourire
Fcit oublier la limonade ;
Aliî pourvoir un sincère ami,
Je suis content d'être malade.
L'ami s'en va, Tennui revient,
•Je jure, je bâille et sommeille ;
Je rêve creux, je ronfle enfin,
Quand le bonheur frappe et m'éveillt.
Ec pour goûter ce seul plaisir,
Je suis content d'être malade.
Pourtant, on vante la santé ;
C'est un chimérique avantage ;
Je vis heureux et visité,
Depuis qu'elle a fui mon étage.
J'inspire intérêt et pitié ;
A la j5n, je me persuade
Qu'avec l'amour et TamiLié,
L'on est heureux d'être malade,
D'' xMqnaret,
SONNET MÉDICAL — Chlorose.
Je ne veux pas savoir le nombre d'hématies
Que la chlorose avare a laissé dans ton sang^
Je ne veux pas compter sur ton front languissant
Les pétales restés à tes roses transies.
Pauvre enfant ! le nerf vague aux mille fantaisies
onne seul à ton cœur son rythme bondissant ;
eul il rougit parfois ton visage innocent De l'éclat sans chaleur des pudeurs cramoisies.
our le dompter, veux-tu connaître un mô^'^en sûr ? ^'épuise plus en vain les sources martiales,
Mais laisse-toi conduire aux choses nuptiales. Au soleil de l'amour, ouvre tes yeux d'azur, Suis la loi ; deviens femme, et qu'en ton sein expire Dans les blancheurs du lait, la pâleur de la cire.
L'UROLOGIE.
Un écolier d'assez joli minois Etait au lit pour maladie.
Pour sa garde on avait fait choix De dame Alix fort étourdie, Veuve depuis deux ans, grosse depuis six mois. Chaque matin, au jeune prosélyte Son professeur allait rendre visite.
Le médecin auquel on eut recours, Fut ce docteur, fameux dans l'art où l'on devine
Sans s'amuser en vains discours :
Du malade, dit-il, que l'on garde l'urine, Et demain nous verrons. Ainsi dit, ainsi fait. Le lendemain Alix, d'un naturel distrait Met en oubli les ordres de la veille Et par esprit de propreté Son premier soin, sitôt qu'elle s'éveille, Fut de jeter cette eau, de rincer la bouteille, Enchaînant sur ses pas, la vie et la santé. Arrive le docteur d'un air de gravité Il demande l'urine. Alix est bien surprise
Et reconnaît mais trop tard sa sottise Que faire hélas ! pour la cacher ?
— Voyons l'urine ? Alix, allez donc la chercher. Elle y court en tremblant ; enfin payant d'audace
Elle apporta de la sienne à la place.
Le docteur examine, y regarde à deux fois, Et d'un ton d'assurance, il prononce et s'étonne^ Mon art, dit-il, m'apprend que la personne
Doit accoucher dans quelques mois.
A. ces mots l'écolier, pour qui tout est mystère ' Tourne les yeux vers son régent :
Je vous le disais bien mon père.
Que vous me feriez un enfant.
Dans tous les points, cette histoire est étrange, Je plains fort l'écolier, je hais le professeur ; Mais c'est en vain qu'on cherche à tromper un
[docteur, es messieurs, comme on voit, ne prennent pas le
[change.