LES COMMANDEMENTS DU MÉDECIN
Rien n"est plus gracieux et malheureusement
plus exact que la pièce de notre ami Witkowski Zfs commandements dvj médecin.
De grand matin te lèveras Et sortiras pédestrement.
Les étages tu monteras Et descendras péniblement.
Les malades visiteras Et drogueras amplement.
Sans quoi, leur estime perdras Celle des potards mêmement.
De tes clients, tu ne tueras Que les mauvais rapidement.
Une fois l'an, tu remettras Tes notes ponctuellement.
Puis aussitôt tu recevras Des reproches abondamment.
Mais tes fournisseurs ta devras Acquitter intégralement.
De tes confrères tu diras Le plus de mal adroitement.
A la nature attribueras Tes échecs uniquement.
Mais pour toi seul réserveras Tous les succès modestement.
Parents, amis négligeras Et ta femme pareillement.
Car dehors la nuit passeras Pour une couche fréquemment.
Courbaturé, tu rentreras Et repartiras prestement.
Quant aux repas, tu les prendras Si tu le peux et vivement.
Pour distractions entendras Gémir sans cesse amèrement.
Les excréments inspecteras Toujours méticuleusement.
D'autres odeurs respireras Sans sourciller visiblement.
De la vermine ramasseras Plus que de rentes sûrement.
C'est ainsi que tu passeras Tous les jours agréablement.
ODONTOLOGIE.
La chanson sur La dent de sagesse est particulièrement recommandée à nos confrères ^odontologues :
L'autr' jour, en m'éveillant
J'sentis un mal cuisant ;
Margot m'dit : j'vois c'qui t'blesse,
C'est une dent d'sagesse !
Sans plus tergiverser
Faut t'ia faire arracher.
Je pensais qu'en marchant C'a f rait descendr' le sang. . .
J'arriv' devant rdentiste ; Via la rag' qui persiste.
Je m'dis : — Y faut monter Et m'ia faire arracher.
Je grimpe Tescalier, J'arriv' sur le palier, Près d'tirer la sonnette, J'sens qu'ma douleur s'arrête, Je m'dis : j'vas m'en aller Sans rn'la faire arracher.
En passant dVant l'portier, Je me r'mets à crier ;
Y m'dit : Montez sans crainte, Car pour la somm' restreinte De trois francs à payer
On va vous l'arracher !
Cett' fois pour tout de bon
Je tire le cordon.
— Entrez me dit la bonne,
Y gn'a presque personne. . .
Le bourgeois sans tarder Va v'nir vous l'arracher ! . . .
Quand mon tour fut venu Le dentiste apparut Il me dit d'un' voix dure En r'gardant ma figure :
Preoez la peine d'entrer Je vas vous l'arracher !
Sur un fauteuil en cuir
Y m'fait sign' de m'assir, Puis il m'ouvre la bouche ;
Là d'ssus, moi, v'ià que j'iouche.
Ya plus à reculer,
Y va me l'arracher !
Alors y m'fourr' dedans Un énorme instrument, Avec un manch' d'ivoire, Qui m'tourn' dans la mâchoire, J'manqu' de m'évanouiller.
Y v'nait de m'I'arracher.
J'di& tout d'même merci, Quand j'm'aperçois, Cristi î Qu'il s'est trompé d'molaire, Et que douleur amère, C'est la dent d'à côté Qu'il vient de m'arracher.
J'm'écri' : Cré non de nom 1 Ça n'fait rien, qui m'répond, Car pour la même somme, Si vous voulez, jeune hopame, Nous allons r'commencer, J'vas vous la r'arracher.
Mais alors, pour le coup, J'prends mes jamb's à mon cou.
Et je crie au dentiste Qui s'élance à ma piste :
Mon vieux, tu peux t'fouiller, J'm'en frai pus arracher.
Après cet évén'ment J'ai remporté ma dent ; La voici toute blanche Ainsi qu'une pervenche.
Pour mieux la conserver, J'vas la faire encadrer,
La moral' de c'récit, J'vas le dire ici :
C'est qu'lorsqu'un'dent vous gêne, La chose est bien certaine, Vaut mieux la fair' plomber Que d'ia faire r'arracher (