‹ Le parnasse hippocratiqueChapitre 68 sur 149 · LA DOCTRINE LYONNAISE · texte numérisé non relu

LA DOCTRINE LYONNAISE

Cette doctrine cherchait alors à battre en brèch le mercure dans les affections vénériennes, pou

lui substituer l'iodurede potassium et les toniques. Chanson chantée à un banquet d'anciens internes de rAnliquaille, au café Casali.

La vérole vient de l'amour,

Comme l'ivresse vient de boire ;

Du moins on le croyait un jour,

Aux premiers temps de notre histoire.

Depuis l'on sait qu'une nourrice

Peut tout autant que Cupidon,

Quand le virus a le caprice

De mettre un poste au mamelon.

Et maintenant, sur ma parole.

C'est effrayant

De voir comment )

Vient la vérole. )

Elle est souvent héréditaire, Alors on ne sait jamais bien Si c'est du père ou de la mère, Ou bien d'un autre qu'elle vient.

Car sachons, enfants d'Hippocrate !

Que souvent tout vient du parrain.

Tant de mains pétrissent la pâte Qu'on ne voit goutte en ce pétrin.

Et maintenant, etc.

Sans parler d'honteuse partie Elle nous vient par tous les bouts, Et personne dans cette vie Ne peut la prendre mieux que nous.

Bien souvent c'est elle qui paie L'imprudent toucher d'un moutard :

Des accoucheurs c'est la monnaie, Témoin l'index de sœur Chàtard (1).

Et maintenant, etc.

Tranquille en vidant sa chopine, Bacchus riait de tout cela.

(( Jamais, disait-il, cette mine, Au cuivre, un jour, ne tournera ; »

Mais tandis que loin de Cjthère, Avec un -vieux faune il trinquait, En touchant le bord de son verre.

Par la lèvre il s'empoisonnait.

Et maintenant, etc.

Puisque en trinquant il n'en faut qu'une, Puisque partout elle a ses droits.

Cette crainte-là m'importune :

La prendrai-je ici quand je bois ?

Si je la prends jamais, ma mère, En me voyant rentrer si tard.

Ne voudra croire que l'affaire Provienne d'un pareil hasard.

Et maintenant, etc.

Bah ! trinquons 1 Çà, plus de mercure 1 Vérole qu'on prend en dînant

(1) Cette religieuse contracta la syphilis en pan int une nouvelle accouchée.

Se fait soigner par Epicure Et se guérit au restaurant.

D'être pincé j'ai quelque envie, Ici, pour prendre pension, Que m'importe la maladie !

J'aime la médication.

Et maintenant, etc.

D"" Levrat-Perroton.

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