‹ Le parnasse hippocratiqueChapitre 71 sur 149 · IDYLLE ANATOMIQUE · texte numérisé non relu

IDYLLE ANATOMIQUE

Il est un vase que nature,

D'après les crayons de l'amour, Qu'elle trouva dessinant sa figure,

S'avisa de former un jour.

Ce vase n'est de porcelaine,

De porphyre, d'or ni d'argent,

Pas n'est d'argile seulement,

Ma'is bien d'ivoire, et filaments d'ébène, Sur son contour dessinés joliment, Font le contraste et servent d'agrément. Or, bien savez que vases ordinaires Portent communément leurs bords '

Recoquillés, évasés en dehors, Ainsi que le jasmin, l'honneur de nos parterres ;

Et tout au rebours celui-ci,

Par la nature raccourci,

Se recoquille sur lui-même ;

Et pour vous en donner l'emblème,

Bien connaissez, ami lecteur,

Une espèce de coquillage, Conque de mer, qu'on nomme un pucelage ?

Eh bien de ce vase enchanteur

Tels sont les bords qui de la rose

Ou plutôt du plus fin corail Ont la couleur. Deux colonnes d'émail,"

Et dont le nom est lettre close.

Forment un double piédestal

Par qui le r^se virginal Est soutenu : placé scus une voûte

Où règne un éternel printemps, One ne craignit les injures des temps,

Froid ni chaleur il ne redoute;

Façonné pour le dieu des cœurs,

L'amour, quand il est en colère, Dans son sein quelquefois vient épancher ses pleurs, Il est fertile, et produit d'ordinaire

Tantôt des fruits, tantôt des fleurs.

WlLLEMAiN d'ABANC^OURT.

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