‹ Le parnasse hippocratiqueChapitre 97 sur 149 · L'EMBRYON · texte numérisé non relu

L'EMBRYON

Dans un village de Bourgogne,

Grégoire, un jour, fameux buveur,

Au gosier sec, à rouge trogne,

Chez un sien cousin accoucheur Était de fête. Or, saurez que le sire

Tant s'en donna, qu'on fut réduit A le porter à quatre dans un lit, Où le sommeil vint à bout de détruire De son cerveau les bachiques vapeurs :

Si qu'à la fin 5ire Grégoire,

Pressé par un désir de boire, Sortit du lit pour figurer ailleurs.

Par hasard sur la cheminée, avise un bocal : Oh ! dit-il, qu'est ceci ? le débouche et flaire : Oh ! oh ! parbleu, voici ibrandevin ; buvons. Et de sa destinée

Il s'applaudit en buvant à longs traits. Tout allait bien jusque-là. Mais Grégoire enfin sent quelque chose Autre que la liqueur; lors il fait un repos, Puis au grand jour le bocal il expose : Corbleu, dit-il, ce sont des abricots ! Tubleu, c'est du bonbon ! avalons. Il avale. Or, vous saurez que l'abricot divin, Dont notre buveur se régale, N'était qu'un embryon dans de l'esprit-de-vin,

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