LE DOMESTIQUE
Eh! vite... eh! vite, monsieur le duc d'Ambrefeuille vous envoyé chercher... il a la migraine.
GUSTAVE
J'y passerai dans la journée !
FILERIN.
Comment, le duc d'Ambrefeuille vous fait appeller, et vous n'y volez pas sur le phamp.
GUSTAVE
Une migraine!
FILERIxX.
Il n'y a point de petites maladies chez un grand seigneur.
SCÈINE VllI.
Les Mêmes , MARGUERITTE.
MARGUERITTE
Monsieur Gustave ?. . .
GUSTAVE
Qu'est-ce donc , Margueriitc?
MARGUERITTE
Co pauvre Jérôme, notre porteur d'eau, qui loge là haut, v'ià deux jours qu'il ne peut pas travailler.
GUSTAVE
J'y cours.
FII.ERIN.
Eh ! bien , et monsieur le duc ?
GUSTAVE
Il attendra.... Une migraine...
FILERIN.
C'est affreux! abandonner ses meilleurs malades!... Eh! bien . monsieur , à votre refus , j'irai en me promenant voir monsieur le duc d'Ambrefeuille !
GUSTAVE
Eh ! bien, vous le voyez... j'étais bien sûr que monsieur le duc aurait trente médecins pour un... Et mon pauvre porteur d'eau n*a pas à choisir... (« MargneriUe). Margueritte, faites, porter du bouillon , du vin , chez Jérôme , le besoin est une terrible maladie... (à F'ïlerin). Docteur, vous permettez, les malades avant tout !.. ( // sort avec Margueritte).
SCÈ^E IX.
FILERIN, seul.
Du bouillon... du vin... Encore lîn charlatanisme de la nouvelle école !.. Ces jeunes médecins ça fait plus d'attention à la maladie qu'au malade... Le malade d'abord , c'est à cela qu'il faut s'attacher ! Cinquante fièvres bourgeoises ne vous rapportent pas la moindre considération !.. tandis qu'une migraine d'Altesse, dont vous venez à bout , vous fait tout de suite une réputation... A propos de migraine... n'oublions pas le duc d'Ambrefeuille... je ne sais si je me trompe... mais je croLs que le temps se brouille un peu... je me proposais de rendre mes visites à pied ; mais décidément je vais faire mettre mon cheval à ma demi-fortune... j'ai mes deux gilets de flanelle... ma douillette... je crois que je puis me risquer.