SCÈNE X
FILERIN , LE GÉNÉRAL.
LE GENERAL
C'est bon, c'est bon!., à droiie, au rez-de-chaussée, au fond du jardin... j'y suis.
FILERIN.
Encore un importun qui vient me de'ranger !
LE GÉNrilAL,
Monsieur Filerin?
Fir.ElUN.
C est moi , monsieur.
LE gÉnÉual.
Ah ! mon cher monsieur , que je suis enchanté de vous trouver ! il y a longtemps que j aurais eu le plaisir de vous
voir , si je n'avais pas été eu tournée le général Valmon —
beau-frère de madame de Sainville de Chartres. FILERIN , à part.
C'est l'homme aux. bourriches!.. ( haut ). Monsieur, trèsflatté que...
LE gÉmÎral.
Ah! pas de complimens, mon cher aiui , vous avez sauvé ma nièce.
FiLtRIN.
J'ai sauvé ! . . .
Une cure magnifique à ce qu'on m'a écrit !
F LERIN.
C'est très-possible , il m'en passe tant par les mains.
LE GÉNÉRAL
Une jeune fille de vingt ans!... il y a six mois... environ , assez bien de figure... très-malade.
FILEHIX.
Fort pale !... oui... j'ai traité une jeune fille j ah! c'était....
LE GÉNÉRAL
Ma nièce , docteur.
FILERIN.
Et depuis que je l'ai quitté... elle va de mieux en mieux.
LE GÉNÉRAL
Jugez de notre joie... c'est à vous , à vos soins que ma bellesieur doit rexislcuce de sa fille — de la mienne — car je n'ai pas d'enfant, et je la regarde comme à moi !... aussi n'espérez pas vous soustraire à notre reconnaissance... on ne m'oblige jamais impunément ! docteur...
Air : De Tureniie.
Je sais, tel est mon caractère, Giildei" le souvenir discret
Du bien qu'un ami m'a pu faire , Du mal qu'un ennemi m'a fait :
Dans le cours «le mon existence Je n'ai juinais hissé, j'en fais serment, Ni l'injure ?a'is châtiment, Ni le bienfait sans récompense.
FI! EUrN.
Voilà la différence , général , c'est que nous... nous sommes bien obligés d'oublier les injures.
LE gÉnf^ral.
Docteur, vous m'avez réconcilié avec la médecine!.. Il faut absolument que nous fussions une plus ample connaissance.... j'espère que vous ne refuserez pas de venir dîner cliez moi.... Ces dames y seront....
FILERIN.
Ma foi , général , je vous avouerai qu'il y a vingt-cinq ans que je n'ai diné en ville... c'est comme ra qu'on perd son estomac... mais je serais enchanté de revoir ces dames.
LE GÉNÉRAL
Elles ne tarissent pas sur vos éloges .. sur votre amabilité... vos talents de société...
FlLrRIN.
Quand on est avec des dames... la petite partie de boston... il faut se rendre utile.
LE GÉNÉRAL
Je crois en vérité que ma vieille belle-sœur est amoureuse de vous... quant à ma nièce... elle a pour vous une reconnaissance î Ce n'est pas étonnant, vous l'avez sauvée dans un moment'... elle allait s'établir?., un mariage d'inclination qui va se faire.
FiLERîN.
Ah! vous la mariez!... Quoique je ne fasse pas les accouchemens... je serais flatté...
Oui... vous serez de la noce!,, je veux vous présenter à toute la famille!., au ministre mon allié.
FILERIN.
Comment ! le ministre !
LE GÉNÉRAL
Si je cherchais bien , il serait mon parent.
FILERIN.
Cherchez-donc , général , . .
LE GENERAL
Est-ce que vous avez besoin de lui?., vous sollicitez peutêtre... Hein ?
FILERIN.
Général , vous agissez avec tant de franchise.... je vous avouerai que j'ai bien envie de la place de me'decin en chef des hôpitaux.
LE GÉNÉRAL
Vous la méritez!... Nous emporterons la place d'assaut !..
FILERIN.
J'ai aussi demandé la croix !...
LE GÉNÉRAL
Où sont vos titres?
FILERIN.
Je ne pourrais pas trop vous dire... Je crois qu'ils sont dans les cartons du ministère.
LE GÉNÉRAL
Nous allons y aller ensemble — Ma voiture est à votre porte... Le ministre est juste. .. je vous réponds du succès.
FILERIN.
Ah ! mon dieu , qu'est-ce que va dire ma fille , quand elle saura?,..
LE GÉNÉRAL
Vous avez une fille ?
FILERIN.
Oui, général... une jeune personne charmante que jesonge aussi à marier...
LE GÉNÉRAL
La marier!... Docteur ne vous en inquiétez pas , je m'en charge... ( à part). Gcsi une excellente occasion de reconnaître... [haut). Mon cher ami, nous marierons votre fille. (Marguerite a paru).