SCENE V. i
M'ne. DE SAIKT-ANGE.
Voilà une idée admirable;... mais il faut dîner avec nous , c'est le seul moyen de trouver mon mari ! et tenez. .. aujourd'hui même, après la cérémonie... je vous emmène. . . Oh ! il faut vous résigner. . . Vous voilà mon chevalier pour toute la journée.
M. DURAND
Je n'ai garde de refuser une pareille bonne fortune. Mnie. DE SAINT-ANGE.
Parlons un peu de notre baptême.. . Connaissez-vous la famille Godard?.. Non, vous ne vous en souciez pas beaucoup, ni moi non plus;., mais je suis folle des baptêmes; j'aime cette pompe bourgeoise... l'importance du bedeau, l'empressement du mari , la gravité de la nourrice. . . l'air de fête répandu sur toutes les physionomies. . . c'est bien plus gai qu'un mariage. . . D'abord l'acteur principal n'a aucune inquiétude sur le rôle qu'il va remplir, et si le père ou quelque parent s'avise de penser pour lui à l'avenir , il se le représente toujours paré des plus riantes couleurs. . . Cet enfantlà sera peut-être un jour un poëte, un héros! qui sait même... un notaire. . . un agent de change. . . Qu'estce que cela coûte , il n'y a pas de charge à payer... Tandis qu'un jour de noces on n'a que deux chances à prévoir. . . Sera-t-on heureux?. . ne le sera-t-on pas , et bien souvent on peut parier à coup sûr. . . Oh ! je préfère les baptêmes , et pour ma part, j'aime mieux être marraine dix fois que mariée une seule. . .
M. DURAND
C'est exactement comme moi.
M'pe.^ DE SAINT-ANGE.
Oh! mais vous, je vous devine... vous allez faire des extravagances. . . Les vieux garçons d'abord sont toujours trop généreux. . . vous surtout qui êles riche;. . . mais je vien* exprès vous empêcher de faire des folies. . .
i4 LE PARRAIN.
M. DURAND
Rassurez-AOns. . . ce n'est nullement mon intention. . . mais je vous avoue que, n'ayant jamais été parrain.... j'ignore totalement les usages.. .