‹ Le parrain; comdie en un acte et en proseChapitre 128 sur 228 · N \TH \N · texte numérisé non relu

N \TH \N

Par Mahomet !.. j'en apprends de belles...

ADr LPHi".

Un instant, vous n'êtes pas censé avoir lu ce billet... Ai-je du malheur, on me relègue dans les conhdciis . et je ne oeux pas même tenir l'emploi convenablement... C'est votre fille elle-même.

scÈ:\E îi.

Les Précédeus , ZENEYDE.

ADOrPHE. I

Venez, belle Zéneyde, venez m'aider à défendre voire cause auprès d un père mdiscret...

ZENEYDE.

O ciel .. que dites-vous! Vous auriez confié à mon père.

ADOLPHE

Du tout... vous ne me couuaiss-ez pas !!! C'est lui-même qui s'est permis de lire... Enfin , il sait tout... ainsi vous pouvez être tranquille... ce n'est peut-être pas lui qui a le plus à se plaindre de l'aventure, mais mon parti est pris, je me conlenterai de la seconde place... je resterai l'ami de la maison.

NATHAN

Ah ! c'est la seconde place.

ADOLPHE

Quelque fols dans mon pays c'est la première... Mais ici j'ai abandonné toutes les pre'rogativcs , et je me contente d'èlre médiateur désintéressé... {A Zcneyde). Allons, charmante Zéneyde , parlez sans crainte, parlez nous de cet aimable olïlcier... moi , d'abord je suis là pour défendre ses intérêts.

NATHAN

Oui, mon enfant, calme toi... tu peux nous confier tous les détails de cette aventure.

ZÉNEYDE.

An milieu du carnage.

Un iarouche vainqueur Piésont" à ma frRyeur 1/3 mort ou l'esclavage...

lîn cet instant affreux. Sans défense , Sans espérance, Pour échapper au R use audacieux, Dont vainement j'implorais la clémence, J'allais me IVapper à ses 3'eux!. .

Sou !ain un cri «le guerre S'élève et fait battr" mon cneur...

Oui, dans sa bontû tutétairp, Le ciel nous envoie un sauveur. . .

Ail! SI vous l'aviez vu, mon père, Ce héros , ce libérateur. . .

NATHAN

Honneur, honneur à son courage.

Ah î je l'ainii Tiîis, je le sens, Mais ce jeune héros, je gage, N'est pas né parmi des marchands.

ZÉNEYDE, à part.

Combien je bénis son courage, ensemble. ( Son souvenir trouble mes sens ; Et dans mon âme , je le gage.

L'amour grave ses traits touchans.

ADOLPHE

Honneur, honneur à son courage.

Déjà je l'aime, je le sens , Ah! quel regret, ah! quel dommage Qn'il ne soit pas né dans nos rangs.

ZÉNEYDE.

•Loin du combat., tremblante , évanouie. . .

Il m'emportait auprès des siens. . .

Et quand je revins à !a vie , Ses doux rfgards semblaient chercher les miens! Pressant Contre son cœurj d'une main affaiblie, Mon bracelet, t int de son sang, kélas ! . . Adieu, dit-il , adieu , ma douce amif, Mon cœur à toi , mes jours à ma patrie. ,^—

Il s'éloigne à ces mois et letourne aux combats.

ADOLPHE

Honneur à l'amour qui le guide; Déjà je l'aime , je le sens , A la foii galant, intrépide, Il devait naître dans nos ran^s.

NATHAN

•Jisemble. l ^'^'i"^"'" ^ l'amour qui le guide; Je raimtrùis plus , je le sens , Si cet officier intrépide Etait né parmi des Oiaicliandj.

ZÉNEYDE, à son père.

Pa. donnez l'amour qui me guide; De mon souvenir , je ie seus , Mon libérateur intrépide Ne peut s'éloigner de longtemps.

ADOLPHE

C'est un brave... c'est un digne jeune homme qui .sert <îans les gardes du Soplii... Nous arrangerons cette affaire là... ( ^ Nathan ). Vous le voyez, mon cher, voilà justement ce qu'il vousconvient... Vous n'avez qu'un défaut , c'est de gagner trop d'argent et de n'en pas mettre assez en circulation ^ avec un gendre comme celui-là... jeune, aimable, brillant... vous ferez une excellente maison de commerce... un négociant , et un officier , c'est la recette et la de'pense.

NATHAN

Vous n'y êtes pas... tous ces officiers de la garde du Sophi, sont des grands seigneurs qui croiraient m'iionorer beaucoup , en mettant mes sequins dans leurs coffres et ma fille dans leur sérail... je ne veux pas de cela! Oue nos lois et nos usages permettent aux grands de l'empire de se marier tous les mois,

rien de mieux! jM.iis d;? simples corninerrans tels que nous , doivent se couteuisr d'une feaime , c'est bien assez, je n'en ai jaiiieiis eu qu'une en ma vie... Ma chère KouTouibé. . et je n'ai jamais eu l'envie d'en prendre uue seconde.

SCElSE iu.

Les Précédens, ASSEM.

/ SSEM.

Seigneur , deux e'irangers sont à la porte de la première enceinte et demandent l'iiospiialité... Ils prétendent qu'à une dïiui-lieui^ d'ici ils ont cte arréte's par des Tartares , (]ui , probiiblement leur auront enlevés leur argent , ou leur marchandises...

ZÉNEYDE.

Ah ! mon dieu !

ADOLPHE

Quand je vous disais que ces gaillards là font aussi le commerce...

NATHAN

Mais ces deux étrangers. . . si c'était des maraudeurs déguisés; (à ylssern). Amène-les moi... je ne serais pas fâché de les interroger. (^ yicloffjhe). Je vois que vos craintes n'étaient que trop fondées, et ma caravane qui est en l'oute?.. Mahomet , que vont devenir mes chameaux !..

ADOLPHE

Eh ! bien , ne vous gênez pas , prenez une escorte et allez au-devant de vos gens...

NATHAN

Oui... mais laisser ainsi mes foyers...

ADOLPHE

Ne vous inquiétez donc pas... puisque je reste ici avec ces dames j d'ailleurs j'ai aussi un envoi à surveiller, vous savez bien ces cachemires , ces étoffes de Perse , que je fais passer à Paris, âmes correspondantes, et que par parenthèse, mon cher hôte , vous me faites payer bien cher !..

NATHAN

Je vous jure par la jument du prophète, que j'y mets du mien...

ADOI.PHi:.

Vous y mettez du vôtre., c'est cela , ils sont tons les mêmes, le pays n'y foit rien ; j'ai idée d'avoir entendu celte plirase là, rue Saini-Deiiis !.. Adieu... je vais à vos magasins.

( // sort ).

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