‹ Le parrain; comdie en un acte et en proseChapitre 192 sur 228 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

Sir ARTHUR , Lady MELFORT.

r.ADY MELFORT.

Ah! monsieur, comment m'acquitter jamais envers vous? L'hospitaiiié que vous m'offrez, les services que vous m'avez déjà rendus I ..

Ils ne m'ont rien coûté , je vous l'atteste ; et quand vous saurez mon aventure , vous verrez que le hasard seid m'a fourni l'occasion de vous être utile. . . Le Roi va aujourd'hui à la chasse.

LADY MELFORT , vivement.

De ce côté , n'est-il pas vrai ?

SiPv ARTHUR.

Oui ; dans les bois de Birton. Il doit se reposer au château , et y déjeuner. Comme page de Sa Majesté , j étais parti ce matin à franc-étrier , avec John, mon domestique, afin de tout faire préparer pour sa réception , lor,<^qu'au dernier village , mon cheval qui s'était déferré , me forra à m'arréter chez le maréchal. (Quelques hommes d'assez mauvaise mine causaient devant la porte , eu buvant de la bierre... et voyageur désœuvré, je prétais 1 oreille ; ( car que faire en voyage , à moins que l'on n'écoule? c est même le seul moyen de s instruire ). a Oui , disait l'un , un jupon orange j, un corset bleu, et un air distingué ,• c'est elle ^ je l'ai reconnue. — Et comment ? — J'ai été autrefois à son service. — Et pourquoi ne Vas-tu pas arrêtée? — Parce que son mari est peut-être caché dans les enviions j qu'en la suivant j ou peut le découvrir , et que ce sont deux cents livres sterling de gagnées. »

LADY MELFORT

Quelle indignité!., un de nos anciens serviteurs...

SîR ARTHUR.

Dans ce moment , mon cheval était prêt ; nous parton^^ , eî

Milord.,

( 12 ) nous n'avions pns fait cent pas dons le bois, que j'apperrois une jeune paysanne... Je reconnais le jupon orange, Je corset bleu... et plus encore Je reste ûu .signalement... et lorsqu'eu passant je vous criai: a Madame, j'ai quelque idée que l'on vous poursuit n votre frayeur me fit voir sur le champ que mon idée était juste; j'ordonne à John de se rendre à pied au château de Ririon; je vous fais monter sur son cheval, nous prenons le galop, et en moins de dix; minutes nous arrivons en ces lieux , où vous pouvez vous regarder comme à l'abri de tout danger.

LAD Y MELFORT

Et vous ne savez pas si vous-même n'en courez pas un trèsgrand en me donnant un asile.

SIR .\RTiniR.

Plût au cifl? car alors ce ne serait plus au hasard seul que vous devriez delà reconnaissance... Mais votre mari...

i.ADY MELFORT , embarrassée.

SIR ARTHUR

Air : J'auchville de la Rôle et les Bot les.

Dans ce momenl de trouble et rie tempête, J'ni deviné cj'iel sort était le sien ; Il est proscrit. . .on menace sa tèle.. .

LADY MKLFORT.

Quoi ! vous pt-nsez?..

GIR ARTHUR

De moi , ne rrnignez rien :

J 1 est nrrant , .'ans abri , sans refuge, Cela siiîTit et mon cœar le dé.''end ! Pour moi , qui ne suis pas son juge, .Son niallicur le rend iiinocrut!

LAD Y MELFORT

Je ne refuserai point l'appui que le ciel nousprc'scnte; oui, railord , oui , vous saurez tout,

SIR ARTHUR

Parlez; je puis, je crois, vous être utile. Depuis cinq an> je n'ai point quiitd le prince Georges^ j'étais avec lui en IIol-

( '3) lande, avam qu'il Cul roi d'Angleterre , et , en outre, le crédit de mon père , milord Sherburj...

LADY MELFORT

Ciel ! Diilord Sherbury.... { à part ). Notre ennemi mortel.

SCÈrvE IV.

Les Precédens, BROUIN'N.

BROUNN , annonçant.

Milord est servi,

LAr.Y niEIFOUT.

Ouel parti prendre... cl que lui dire?.. SiR ARTHUR.

Venez , madame.

(// présente la nioi/i à latîy Melfort . et ils rentrent ensemble par la porte à droite ).

SCÈÎNE V.

BROUNN,. 9^7//.

Ils s'éloignent!, (^regardant par la fenêtre). Il était temps! le pont-levis sabaisse. .. celle fois , je ne me trompe pas , c'est miss Juliette... Un des gens de milord raccompagne... pourvu que sir Arthur ne l'apperroive pas! Prévenons Alîrilc , et qu'il se dispose à partir sur le cljamn avec cette petits fille... C'est elle-même.

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