SCÈNE vr
BROUNN, Mis JULIETTE, un Domestique {qui remet une lettre à Brounn ).
broun:^ , regardant la lettre.
C est de la part de Monseigneur, (à Juliette'). Je suis à vous , ma petite fille... Etcs-vous bien fatiguée de la route?.. Hein!., point de réponse !
( Juliette reste les yeux baisses sans lui répondre , et effeuille un bouquet quelle lient à la main ).
Allons, allons, elle a de l'humeur... cela se passera... {an domestique). C'est hien , laissez-nous... Voyons ce que me maudc Monseigneur. ( // oiwre la lettre^ Ecrit en cliiffres , comme à l'ordinaire.
(Il lit). « Qu'elle parle à l'instant; de nouveaux, motits * rexigcnt... son père et sa mère , rentres dii-ori en AiiJ?le- » terre. — Caclse's dans les environs. — Si on découvre lord « Melfort , l'arrêter sur le champ. — Empêcher surtout y> qu'aucun d'eux ne puisse approcher Sa rdajestë. — Du » reste, je n'y suis pour rien. — Je donne plein pouvoir » d'agir selon les circonstances. — Déchirer celte lettre aussi- » tôt qu'on l'aura reçue ».
( // déchire la lettre ) .
C'est juste... les papiers déchirés ne comprometlent pas... Puisqu'on me laisse le maître de diriger les événemens , je vais tâclîer de m'en tirer avec honneur. ( regardant Juliette). 11 faut d'abord la prépai'er à ce nouveau voyage, (à Juliette). Dites-moi , miss , ëtes-vous toujours bien en colère contre railord ?
JULIETTE, lèi^e les jeux , le regar^de fixement , et part d'un grand éclat de rire.
Ah ! ail ! ah !
BROUNN.
Allons , il parait qu'elle ne se trouve pas si malheureuse.
JULIETTE
Malheureuse! dis-tu?.. Qui est-ce qui est malheureuse?.. Oui , c'est Juliette... depuis bien longtemps... on ne l'aime plus... on Ta punie... on l'a enfermée... c'était si noir, si sombre... il faisait toujoiu's nuit.
BROUNN.
Eh ! mon dieu ! qu'a-t-elle donc ?
JULIETTE, avec joie.
Mais moi... je suis libre... je suis contente... Tu ne sais pas... j'ai revu la campagne... des arbres... des ruisseaux... et surtout le jour !.. partout du jour!., ah ! comme c'était beau! {attirant Urounn à elle ). Viens... viens de ce côté... Tu vois celte prairie... ce parc .. ce beau jardin... ( avecjoic). Cest à moi, n'est-ce pas ?.. car moi, je suis riche... {avec tristesse )- Ah ! oui... bien riche... {pleurant), et bien malheureuse !