‹ Le parrain; comdie en un acte et en proseChapitre 194 sur 228 · BROUN N · texte numérisé non relu

BROUN N

Se pourrait-Il'*.. Sa prison... et dans un âge aussi tendre !.. Sa raisuu serait-elle?., elle paroit .souffrante. jll:Kt;e

Oui, je souffre... beaucoup! [montrant sa tête), là... ( montrant ion cœur), là... surtout. — l^eoute... écoute bien ! . ce sont des soldats qui se prouiènent autour du palais.. Quand souneroiit dix heures, ils entreront chez le Roi... mais moi , je lui dirai... je Tavertirai. Restons ici , attendons... ( t;//e r emmené au coin du théâtre à gauche).

EhOU.NN.

Je ne puis le croire encore! comment , ce que niiloid avait juuîginé serait devenu une réalité?

JULIETTE , à voix basse.

Tais-toi... et ne fais point de bruit !

{^Brounn étonné V examine attentivement. Vendant Va' ■parte suivant . Julieiie reste immobile et comme écoutant.

SCÈJNE Vil.

Les Précédens , Lady INIELFORT , sortant de la porte à

droite.

LADY MELFORT

Quelques dangers qui m'environnent , il faut sortir de ce château... je ne sais comment répondre aux instances de sir Arthur.

( Kn ce moment t Juliette appercoit lady Meljort, et veut s'élancer vers elle ).

BROUNN.

Hein?.. Qu'est-ce que c'est?

JULIETTE

( Tout à coup elle s'arrête,, Jette sur sa mère un regard de regret et de tendresse ^ prend la main de Brounn , et lui dit froidement )

Eniends-tu?.. dix heures sonnent.

LADY MELFORT , qui s'est retournée au cri de Juliette.

Ciel !.. ma fille!

BROUNN , à par't.

Sa fille !.. Ce serait lady Melfort ?

LADY MELFORT , courant à elle.

Ma fille ! raa Juliette , c'est toi que je revois ! JULIETTE , l'éloignant de la main.

Quelle est cette femme?., et que me veut-elle?

LADY MELFORT

O ciel! elle ne me reconnaît pas... ses yeux fixes... immobiles... Quel e'garement dans tous ses trait»!., [à Brourtn). Re'pondez-moi , qu'avez-vous fait de mon enfuut? Juliette, Juliette... reviens à toi , c'est moi... c'est ta mère... (Ju/ietle la regarde malgré elle avec tendresse^. O ciel;., j'ai cru lira dans ses yeux... elle me reconnaît...

( Brounn fait un pas vers elle , et l'examine ai'ec défiance ).

JULIETTE, se reprend j la regarde quelque temps j et lui dit froidement).

Qui étcs-vous ?

LADY MELFORT , avec abattement.

Il n'est plus d'espoir.. . Juliette. ..

JULlETiE.

Laissez-moi... je ne suis qu'une pauvre fille... Ces biens que vous voulez dérober , ils ne sont pas à moi , c'est à ma mère., c'est à elle.. Eh ! bien, demandez-lui... elle vous les donnera, si vous voulez me permettre de Tendjra.sser encore.

LADY IVJELFOUT.

Air ; Romance de Raoul de Crrqui. ( de voi bontés, etc. )

Je t'implore, dieu juste et bon , Four nous, c'est ma seuie piière, Daigjie lui rendre la raison '.

JUUETTE.

Ah \ daiguez me jrendre aid mère!

LADY MELFORT

Je verrais combler mon espoir,

JULIETTE

Je n'aurais plus ritn à prétendre,

LAD Y .\:ELF0RT

Si ma fille pouvait me voir;

JULIETTE

Si ipa mère pouvait in'entfndrc.

LADY xMELFORT.

Malheureuse que je suis.

JULIETTE , s' adressant à Bronnn ^ et jettant à la dérobée un regard sur Lady Melfort ).

INIa mère, ma mère... ne pleure pas, c'est moi , tu ne m'as pas perdue, ne le crois pas, je suis toujours ta Juliette, je t'aime , je te reconnais.

LADY TtIE!FORT, étounée.

O ! ciel , que veut-elle dire?

JULIETTE , entraînant Brounn.

Prends garde !.. Ne dis pas un mot... ne fais pas un geste., ils sont médians... ils nous tueraient... ma mère!.. BROUî^N , à part.

Elle me prend pour sa mère... je suis tranquille...

TRfO.

Air :

JULIETTE

Le ciel prendra pitié de ma misère; Oui , j'en suis sûr , il m'exauce, il m'entend. A mou amour il va rendre ma ir.cre; Cr: joi.r heureux va finir son tQUrmell^.

LADY MELFORT

Ah! c'en est fdir... méconnaître sa mère, Mon rœur succ<imbe à ce dernier tourment. Pour elle, bêlas! j'ai brbvé la mijère , Et sans espoir j'ai perdu mon enfant.

BROUNN.

La pauvre enfant, me prendre pour sa mère , Le Roi peut bien lui parler maintenant ! Sans crainte ici , je peux la laisser faire, ( Regardant lady Melfort ).

Pour ni'occuper d'un soin plus important.

( Brounn sort par le fond).

SCÈKE VIII.

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