BROUN N
Se pourrait-Il'*.. Sa prison... et dans un âge aussi tendre !.. Sa raisuu serait-elle?., elle paroit .souffrante. jll:Kt;e
Oui, je souffre... beaucoup! [montrant sa tête), là... ( montrant ion cœur), là... surtout. — l^eoute... écoute bien ! . ce sont des soldats qui se prouiènent autour du palais.. Quand souneroiit dix heures, ils entreront chez le Roi... mais moi , je lui dirai... je Tavertirai. Restons ici , attendons... ( t;//e r emmené au coin du théâtre à gauche).
EhOU.NN.
Je ne puis le croire encore! comment , ce que niiloid avait juuîginé serait devenu une réalité?
JULIETTE , à voix basse.
Tais-toi... et ne fais point de bruit !
{^Brounn étonné V examine attentivement. Vendant Va' ■parte suivant . Julieiie reste immobile et comme écoutant.
SCÈJNE Vil.
Les Précédens , Lady INIELFORT , sortant de la porte à
droite.
LADY MELFORT
Quelques dangers qui m'environnent , il faut sortir de ce château... je ne sais comment répondre aux instances de sir Arthur.
( Kn ce moment t Juliette appercoit lady Meljort, et veut s'élancer vers elle ).
BROUNN.
Hein?.. Qu'est-ce que c'est?
JULIETTE
( Tout à coup elle s'arrête,, Jette sur sa mère un regard de regret et de tendresse ^ prend la main de Brounn , et lui dit froidement )
Eniends-tu?.. dix heures sonnent.
LADY MELFORT , qui s'est retournée au cri de Juliette.
Ciel !.. ma fille!
BROUNN , à par't.
Sa fille !.. Ce serait lady Melfort ?
LADY MELFORT , courant à elle.
Ma fille ! raa Juliette , c'est toi que je revois ! JULIETTE , l'éloignant de la main.
Quelle est cette femme?., et que me veut-elle?
LADY MELFORT
O ciel! elle ne me reconnaît pas... ses yeux fixes... immobiles... Quel e'garement dans tous ses trait»!., [à Brourtn). Re'pondez-moi , qu'avez-vous fait de mon enfuut? Juliette, Juliette... reviens à toi , c'est moi... c'est ta mère... (Ju/ietle la regarde malgré elle avec tendresse^. O ciel;., j'ai cru lira dans ses yeux... elle me reconnaît...
( Brounn fait un pas vers elle , et l'examine ai'ec défiance ).
JULIETTE, se reprend j la regarde quelque temps j et lui dit froidement).
Qui étcs-vous ?
LADY MELFORT , avec abattement.
Il n'est plus d'espoir.. . Juliette. ..
JULlETiE.
Laissez-moi... je ne suis qu'une pauvre fille... Ces biens que vous voulez dérober , ils ne sont pas à moi , c'est à ma mère., c'est à elle.. Eh ! bien, demandez-lui... elle vous les donnera, si vous voulez me permettre de Tendjra.sser encore.
LADY IVJELFOUT.
Air ; Romance de Raoul de Crrqui. ( de voi bontés, etc. )
Je t'implore, dieu juste et bon , Four nous, c'est ma seuie piière, Daigjie lui rendre la raison '.
JUUETTE.
Ah \ daiguez me jrendre aid mère!
LADY MELFORT
Je verrais combler mon espoir,
JULIETTE
Je n'aurais plus ritn à prétendre,
LAD Y .\:ELF0RT
Si ma fille pouvait me voir;
JULIETTE
Si ipa mère pouvait in'entfndrc.
LADY xMELFORT.
Malheureuse que je suis.
JULIETTE , s' adressant à Bronnn ^ et jettant à la dérobée un regard sur Lady Melfort ).
INIa mère, ma mère... ne pleure pas, c'est moi , tu ne m'as pas perdue, ne le crois pas, je suis toujours ta Juliette, je t'aime , je te reconnais.
LADY TtIE!FORT, étounée.
O ! ciel , que veut-elle dire?
JULIETTE , entraînant Brounn.
Prends garde !.. Ne dis pas un mot... ne fais pas un geste., ils sont médians... ils nous tueraient... ma mère!.. BROUî^N , à part.
Elle me prend pour sa mère... je suis tranquille...
TRfO.
Air :
JULIETTE
Le ciel prendra pitié de ma misère; Oui , j'en suis sûr , il m'exauce, il m'entend. A mou amour il va rendre ma ir.cre; Cr: joi.r heureux va finir son tQUrmell^.
LADY MELFORT
Ah! c'en est fdir... méconnaître sa mère, Mon rœur succ<imbe à ce dernier tourment. Pour elle, bêlas! j'ai brbvé la mijère , Et sans espoir j'ai perdu mon enfant.
BROUNN.
La pauvre enfant, me prendre pour sa mère , Le Roi peut bien lui parler maintenant ! Sans crainte ici , je peux la laisser faire, ( Regardant lady Melfort ).
Pour ni'occuper d'un soin plus important.
( Brounn sort par le fond).
SCÈKE VIII.