MASS0LD
L'e'tat n'y fait rien!.. Je suis amoureux comme un prince , ainsi nous voilii de pair.
ALADIN
Massoud!.. Massoud!.. ra'entends-tu?.. Viens donc ici... n'aie pas peur... je ne veux pas le gronder!.. Tu es mon frère... mou aîné de dix ans... el je t'aime bien , parce que lu es bon, parce que depuis que nous sommes orphelins, tuas eu soin de moi , et que dans nos mouiens les plus malheureux, lu avais toujours une dragée ou un biscuit à me gli.sser quand je pleurais. ( Montrant son estomac ). El <;a , vois-tu? c'est toujours là l mais il faut que je te dise : tu n'es pas assez avancé pour ton âge... et si tu n'étais pas aussi simple... tu verrais que la fille du Sulian... et loi... cl puis... en.suiie... A cause des... enfin tu dois me comprendre. {^ A part ). Mai.s c'est que c'est vrai , il est bête comuie tout! El s'il n'éiait pas mou frère , je lui ferais voir des étoiles en plein midi.
MASSOUD.
Dam!., tu me fais toujours de la morale.
Tu veux peut-être que je donne mon consentement à un mariage connue celui-là?.. Songe donc que si noi' maître Barkain se doutait <jue l'amour le fil négliger la pâtisserie , il le mettrait à la porte , et moi aussi... tu sais comme il est brutal, méchant. ( En baissant la voix ). Et peul-èire pire que loul cela!..
MASSOUD.
Comment donc?
AL Dm.
Clnit !.. je ne t'en ai pas parle', parce que je ne voulais pas te faire peur . mais.. (^ Désignant la porte à gnnclu ) Tu n'as ]){'S remarqué dans celle salle , toutes ces fioles , ces ilacous de difTéreutes couleurs. ( Les garçons pdlissiers rentrent ),
MAS.vOlD.
Si fait... est-ce qu'il se mêlerait de sortilèges?
ALADIN
Je ne sais... mais je le vois tous les jours s'enfermer dans son cabinet... même quand il n'y a pas de couiuiandes... ainsi ce n'est pas pour travailler de noire e'iat.
imaSsoud.
Lui! il n'y entend rien!., il n'est pas capable de confectionner une tartelette.
ALADT^.
Ça... il est vrai que toutes les fois qu'il a voulu se mêler de pâtisserie, il n'a jamais fait que des brioclies... heiu ! qui vient là?..
SCÈiNE II.
Les Précëdens , un Garron Pâtissier.
Le Garçon.
C'est de la part du maître... il dit qu'il lui faut dans une demi-heure , les deux mille tartelettes qu'il a comraaude'es.
MASSOUD.
Ah! mon dieu!., je les ai oubliées...
AL.\DIN
Deux mille tartelettes.
MASSOUD.
Oui. . . une petite fête. . . un goûter que le Sultan donne à ses enfans !.. Mais j'étais là depuis ce matin , à regarder à cette fenêtre , et je n'y ai pas du tout pensé.
AL -Dirf .
C'est fait de nous , deux mille tartelettes en une demi-
heure !.. Encore s'il fallait les manger... je ne dis pas!.. Mais tuez -vous donc pour les enfans du Sultan! Des bambins, j'en suis sûr.'.. Tant pis pour eux! Ils se coucheront sans souper!..
MASSOUD,
Ecoute donc... il y en a déjà deux douzaines.
AL\DIN
La belle avance ! deux douzaines , sur deux mille , ça ne nous empêchera pas d'être battus !.. {Aux autres garçons). Diles-donc, vous autres, un moyen... nous ferions aussi bien de les manger... parce qu'à compter sur ce qui nous manque, ça ne paraîtra pas.
Qu'est-ce que tu dis donc là ?
ALADIN
Tant pis ! je risque le tout pour le tout , et je commence.
TOUS , se précipitant sur les tartelettes. Et moi aussi... et moi aussi...
MASSOUD j qui en a pris une le premier et qui la mange avec un grand sang-froid.
Par exemple , voilà une belle conduite I
ALADIN , qui en a pris une de chaque main.
Elles sont bonnes, tout de même... et les petits sultans auraient eu de l'agrément... dieux! dans cette maison-ci comme on fait la pâtisserie fine et délicate!., ah! mon dieu ! . .
( // apperçoit Xàiloum^ et laisse tomber la moitié de la tartelette).