‹ Le parrain; comdie en un acte et en proseChapitre 213 sur 228 · AI.ADI.V · texte numérisé non relu

AI.ADI.V

Du tout... où veux-tu que nous allions, quand nous serons à la porte , et sans argent I [S' avançant vers Xaïloum ). Je m'en vais.,, je m'en vais faire mou paquet , et je reviens luî parler... ah ! je nai pas peur.

SCÈINE IV.

XAILOUM , seul

Je suis enchanté d'avoir trouve' celte occasion... m'en voilà La Lampe. 2

débarrasse... ce petit Aladin surtout , nifilin, ruse', toujours l'oreille au guel !.. J avais un pressentiment qu'il me jouerait quelques mauvais tours!.. lu;urcuscmc:iît je n'aurai bientôt })lus besoin tle ces ruses, de ces (k'-guisenirus... Qui reconnaîtrait en tfTet , sous ce costume de luîtitrc j'aiissier , le fiiuieiix Xniioum, le plus célèbre alchimiste de llucioslan ! mais il faut bien cacher son génie, ses connaissances, dans un siècle grossier où l'on brille les sov.uis , et où les sots se chaufTer" aux dépens des gens d'esprit !

( // va fermer la j:,,rie du fond j et redescend le théâtre en regardant autour de lui ).

Quand je pense que c'est ici... ici même , que depuis plusieurs siècles, ce talisman merveilleux est enfoui , inconnu !.. Quel bonheur que j'aie ])n acquérir celt(; maison, où je soupçonnais qu'il était enseveli !.. Grâces à l'état que j'ai adopté, j'ai pu, sanséveiller de soupçons, consulter mes fourneaux, mes alambics , et c'est par eux que jai découvert enfin ce vieux manuscrit Chaldécu, qui seul peut me servir de guide... lisons ces caractères mystérieux.

, (^11 s'assied près de la table,, lit bas, et regarde de temps en temps le pan de muraille qui est à droite j au fond ).

Oui, c'est ici même... voilà bien la description qu'il en donne!.. Cette pierre siîr la(|uel!e est gravé un Delta... en la poussant couime il l'indique.

(7/ pousse la pierre ^ le pan de muraille s'écroule ^ et laisse voir une large ouverture).

Grands Dieux !.. l'entrée du caveau • je ne me sens pas de

joie... Heureux Xailoum!.. maître de ce talisman merveilleux..

je pourrai donc enfin posséder cette charmante princesse , celte

divine Faruck-naz , dont la beauté me poursuit en tous lieux!..

( !l lit tout haut).

j) C'est au milieu de ce souterrain, sur un socle fait d'un » seul diamant, qu'est placée la Lampe Merveilleuse. »

i> L'escalier qui y conduit est ct)mposé de cent quarante- » deux marches, taillées dans le rubis...»

Je les aurai bientôt descendues.

3) Mais le premier (pii les franchira, doit y trouver la mort..»

Grands Dieux !...

» Quatre de ces marches ( et il est impossible de connaître >» lesquelles), quatre de ces marches sont consiellées , et le

V mortel dont le pied leméraire en touchera une seule , sera » englouti avec elle dans les abîmes de la terre. »

Que viens-je d'apprendre?..

» Après cette épreuve , le charme sera rompu , et nul dau- » ger ne menace ceux qui descendraient ensuite...» ( Fermant le manuscrit ) .

Quel obstacle invincible !.. faut-il s'exposer à une mort certaine... mais d'un autre côté , renoncer à un tel projet au uioment devoir combler tous mes vœux!., que faire !.. qviel parti prendre!..

SCÈ?sE V.

XAILOUIM , MASSOUD et ALADIN , /r/z/7/?a/î« en dehors.

ALADIN

Holà , holà , not' maître , ouvrez- nous.

Qui ose me déranger!., encore ces deux frères!., cet imbécille de Massoud , et ce méchant petit Aladin !.. Si je pouvais me venger d'eux!., ou plutôt, si je pouvais, par leur secours, mettre fin à cette entreprise., oui , c'est le seul moyen et il est infaillible. ( Il va leur ouvrir j et leur dit hrusniiement). Eh! bien, que voulez-vous?

MASSOUD , bas à Aladin.

Dieux!., qu'il a l'air méchant... je te dis que nous auriouji mieux fait de nous en aller ^ sans demander notre compte !

ALAPTN

Peut-être bien... mais puisque nous y voilà !

XAÏLODM.

Qui vous amène?

MASSOUD, bas à Aladin.

Laisse-moi répondre. Tu es trop mauvaise tête...

Af.ADIN.

Eh! non, tu parlerais trop doucement... Tu aurais l'aii' d'avoir peur!.. Attends, attends... ( Allant à Xaïlourn). Enfin, uot' maître. . il nous faut nos gages., voilà ce que c'est !

XAÏ LOUM .

Et si je voulais vous les retenir pour les tartelettes que vous m'avez mangées.

MASSOUD.

Dieux !.. c^est vrai , je n'y pensais pas î ALADIN , à Massoud.

Laisse donc. . ( à Xaïloum ). Si ou les a mange'es , ou les paiera I

Ah ! on les paiera I

ALADIN

Oui. . . on sait ce que ra vaut des tartelettes... surtout quand on en fait.

XAÏLOUM , se levant et le menaçant.

Petit drôle... je ne sais qui me retient...

MASSOUD.

Mais tais-toi donc , il va te battre.

ALADIN , retijonçant sa tête dans ses épaules. Ça m'est égal, je le lui rendrai plus tard... quand je serai de force !.. £ii ! bien , m'a-t-il battu ?

XAÏLOUM , à partj, se reprenant.

Imprudent... j'allais tout perdre... (haut). Rassurez-vous, mes enfuns... je ne voulais (|ue vous éprouver, voir si vous aviez le courage de me résister , je suis content , et au lieu d'ua sequin que je vous dois , vous en aurez deux.

MASSOUD ET ALADIN.

Il serait possible I

XAÏLOUM.

Ce que j'aime avant tout , ce sont les petits garçons qui sont braves.

MASSOUD.

Oh î bien , alors mon frère et moi , nous sommes bien votre (ait.

XAÏLOUM.

Oui, comme cela en plein jour!.. Mais si nous étions dans l'obscurité.

Ce serait la même chose.

XAÏLOUM.

C'est ce que je suis curieux de voir j tenez , j'ai là un petit caveau pariicuirer où je serre mes vins précieux.

M.vssoun.

Tiens , nous ne le cormaissious pas •

XAÏLOUM.

Je Tai bien fait exprès !.. J'y suis descendu tout à l'heure et 'fy ai laissé une lampe qui est au bas de l'escalier... EU I bien, mes enfans , je donne dix sequiiis à celui de vous qui sera assez hardi pour descendre la chercher.

ALADIV.

C'est bien malin , il n'y a pas de danger , et si je voulais , je descendrais bien vile.

XAÏLOUM , à part.

A merveille.

ALADIN , oupercevant le geste de joie de Xculoiini. Mais je ne veux pas.

XAÏLOUM.

Et pourquoi?

Parce que !

Mais encore?

ALADIN

XAÏLOUM.

Parce que vous êtes capable de nous tromper , et de ne pas nous payer les dix sequins.

XAÏLOUM.

Ah ! tu es soupçonneux... eh! bien , pour t'apprendre à me connaître... au lieu de dix, en voilà vingt que je douue d'avance à tou frère Massoud.

ALADIN

Pi serait vrai , mon boa frère . nous voilà riche-; pour longtemps , et sans que tu sois obligé de travailler , j'y descends vite.

MASSOUD, le retenant.

Non , Aladiu , j'ai envie que ce soit moi.

ALADIN

Laisse donc, tu es si maladroit , que lu te casserais le cou , embrasse-moi , seulement.

XAÏLOUM , /eî regardant s'embrasser.

Ils font bien , ils ont raison.

MASSOUD.

Tu n'auras donc pas peur.

ALADIN

Tiens , par exemple... esi-cc qu'un homme doit avoir peur? c'est hou pour un enfant. ( Il leganle l'ouverture du souterrain ). C'est joliment noir tout de uièine , et si je ne m'étais pas tant avancé... ( Bas à Massoud ). Dis donc, mon frère, tues toujours là, n'esl-Ce pas?.. Chante quelque chose pendant que je descends , ra tient compagnie, allons, je me risque , au petit honheur.

Eh! hien , il disparait , est-il intrépide !.. Aladin... mon frère, comme il est déjà loin, ou ne le voit plus. ( Il chante en tremblauL ).

J'aiine les lartelettes, etc.

XAÏLOUiVI.

Eh! bien, lu chantes?..

MASSOUD.

C'est mon habitude. (// chante un peu fort ).

J'aime les tartelettes.

Alad n , m'enteuds-tu ? Réponds-moi donc... hein... ( // écoute ).

XAÏLOUM.

A merveille... et bientôt j'espère... ( On entend une violente explosion. C'est fiui ! ( La nuit couvre le théâtre^.

MASSOUD.

Ah! mon dieu , que hii est-il arrivé?.. Voilà vos sequir'' ^ je n'eu veux plus , je veux aller voir mon frère.

XAÏLOU.'U.

J'y vais , moi-même.

MASSOUD.

Je veux vous accompagner.

XAÏLOUM.

Et moi je ne le veux pas !.. Je t'ordonne de rester là. .. dans cette cliaiiibre à m'atlendre. .. ( // le pousse dans la chambra à droite et V enferme ). Qu'est-ce donc (jue cela?.. ( ylvec joie). Uàioiis-nous , rien ne m'cmpcche plus uiaiatcuaul de lu'emparer de ce trésoi:.

( // descend précipitamment par le souterrain ^ au même momenL, le four cjui est. au fond du théâtre s'ouvre, et Aladin parait , tenant la lampe à la main ).

scÈ^E xr.

ALADIN, seul.

( // appelle à voix basse ). Massoud... mon fière , il n'y est plus , il parait tout de monie que je Tai échappé belle... cet escalier neu finissait pas , et quand j'ai apperru la lumière de celte lampe , il ne restait plus qu'une de-raidouzaine de marches , que j'ai sautées d'un seul bond , pour arriver plus vite , patatra !.. Voilà les quatre dernières qui s enfoncent , et si j'en avais touché une seule , à ce que m'a dit ce grand vilain génie qui est mon domestique... Dieux I est-il laidl et celte grosse voix: que veux-tu! je suis à tes ordres , comme le ^énie de la lampe. ( // regarde autour de lui , pour voir si un l'écoute ). J'avoue que j'ai fermé les yeux un petit brin !.. Mais je n'ai pas lâché ma lampe , au contraire , je la serrais joliment, tant je tremblais.

Dieux! que c^est beau... par tout des vases

Pleins de rubis élincelaus ;

Puis des colonnes de topazes.

Des murailles de diauiiuis.

A ma Lampe tout rend hommage,

Et ces trésors sont mon partage; ,

Je suis plus riclie qu'un sultan,

( Regardant sa lampe ).

Le joli talisman.

Il me Ta dit,., comme à son maître.

Il doit m'obcir désormais !

D'un seul mot, je ferai paraître Et des jardins et des palais.

Tout cède à mon ordre suprême, Et quand j'aurai faim , je puis même Faire un pâté de mon turban ; Le joli talisman.

( Il pose la lampe sur une table près du caveau ).

Aîi ! ça , n'ouhlions rien de toiil ce qu'il ra'a dit ; d'abord il ne faui pas en parler à mon frère, il est si simple ^ si bon enfant , qu'il me ferait faire quelque sottise ; ensuite, pour me garantir des pièges, que je ne me trompe pas , tant qu'elle est alluRie'e comme la voilà , personne ne peut me la voler , et il n'y a que le propriétaire qui puisse l'éteindre j ainsi , c'est une îifiaire réglée, je ne crains pas qu'on me la souffle, car le jour, je la porterai toujours sur moi , et le soir je l'allumerai avant de m'endormir , ça me servira de lampe de nuit , allons retrouver Massoud. ( S'arrélant ). Oli ? non , je n'irai pas me coucher aujourd'hui , avant d'avoir demandé quelque chose , puisqu'il n'y a qu à frotter pour que ça vienne!.. Voyons, qu'isi-ce que je vais demander?., pour moi , je n'ai besoin de rien... mais pour mon frère . ce pauvre Massoud qui ne pense qu'à son amour... et à sa princesse... eh I Lien j'en vais faire un petit seigneur... songeons d'abord au costume... c'est le principal, oui, c'est ça... [Frottant ta Lampe). Un petit turban avec un oiseavi de paradis , et puis pour robe de chambre., pour sa robe de chambre... une robe d'or pour commencer, et puis nous verrons aj^:rès... crac.

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