AGLAÉ , JULIENNE
àglaé , un peu rêveuse.
PIhs de lettres depuis huit jours... Allons, il m'aura déjà oubliée., oh! cela devait-être.
JULIEN>"£ , allant à elle d'un air de mystère.
Vous v'ià , ^Mamzelle... ah! que c'est' heureux , que monsieur vot' oncle ne soit pas encore descendu.
AGLAÉ
Qu'y a-t-il donc, Julienne?
JULIENNE
Oh dame! des événemens... des choses... D'abord pour «ommencer... v'ià une lettre.,, vous savez,.,
AGLAi , éniiie.
De lui... jo veux dire de M. Gdlicour... je vous avais défendu pourtant d'en recevoir... c'était bon en pension... mais ici, chez mon oncle...
JULIENNE
C'est vrai , niamzelle... mais comme il parait que ra sera la dernière.
AGLAÉ , prenant la lettre.
La dernière !...
JULIENNE
Et puis, il l'a apportée en personne... allez, mamzelle , c'est joliment dilRcile de refuser les gens en face... j' voudrais vo«s y voir... il est si bon, si généreux, et de l'esprit... Enfin , mamzelle, vous avez vu ses lettres: eli bien , ce n'est rien ;... faut l'entendre parler : il y a de quoi vous étourdir.
* AGLAE.
Comment ! Julienne , il est venu ici ?
Et il compte bien y revenir dans une heure.
AGLAÉ
Sans l'aveu de mon oncle?... quel est donc son projet?
JULIENNE , montrant la lettre.
Oh dame ! vous le verrez.
AGLAÉ , ouvrant la lettre.
Tu me fais trembler !... [Elle lit bas. )
JULIENNE, arrangeant le déjeuner pendant qu Aglaé lit.
Ah ! il n'y a pas de quoi; puisque ça réussit toujours.
AGLAÉ , lisant.
Qîielle extravagance ! comment... oser se présenter sous le nona de M. Pichard... se flatter que je pcrmetti-ai...
JULIENNE
Eh ! mou dieu ! ou ne vous demande rien que de garder le secret...
ACLAÉ.
A la bonne heure , mais si on découvre quelque chose , je le désavoue, je vous en préviens...
JULIENNE
Chut, Mademoiselle, voici Monsieur.