LE SERVICE DIVIN EN GÉNÉRAL
des livres poétiques et exégétiques de Tlnde, et jamais à son propos ils ne s^écartent de Tun de ces deux points de vue, qui en somme se confondent en un seul : le sacrifice est un don offert au dieu pour capter sa bienveillance, un échange de bons offices entre lui et les hommes, qui lui offrent ce qu'ils ont de plus raffiné en aliments et breuvages, pour qu'à son tour il leur prodigue les biens dont il dispose en souverain ou en conquérant; le sacrifice est une nourriture, qui donne au dieu force, vigueur et vaillance, afin qu'il terrasse au profit des hommes les noirs ennemis qui menacent leur bien-être\ A combien plus forte raison pareille pensée doit dominer une religion pour laquelle l'univers entier se résume en une lutte permanente entre les deux principes du bien et du mal, on le conçoit de prime abord et l'on n'a aucune peine à s'en convaincre en mille endroits de TAvesta I Écoutons parler Tishtrya* :
« Si les hommes m'offraient un sacrifice consacré à mon nom, comme ils offrent aux antres déités des sacrifices consacrés à leur nom, j'acquerrais la force de dix chevaux^ la force de dix chameaux, la force de dix taureaux, la force de dix montagnes, la force de dix rivières. »
Ce n'est pas là, on en conviendra, le langage d'une spiritualité élevée, qui serait de nature à rendre suspecte de modernité la conception exprimée; c'est celui du pur et grossier naturalisme, pour qui le dieu n'est