Cf. supra p. 107 sqq. et
le mazdéisme sa signification et sa destination religieuses, et l'Avesta ferait mentir notre proverbe : « Ce n'est pas tous les jours fête. » Dans une organisation pareille, il n'y a presque point place pour les fêtes exceptionnelles. Et toutefois la liturgie parsie a ses jours fériés, plus nombreux même qu'il ne semblerait au premier abord, puisque chacune de ses six fêtes annuelles dure cinq jours ; mais c'est chaque fois le 5® qui constitue la férié par excellence et qui servira ci dessous à en fixer la date.
Ces fêtes de saisons, — en zend Yâirya, en persan Gâhanbâr', — qui coupent inégalement les sept mois d'été et les cinq mois cinq jours d'hiver de l'année éranienne', trahissent de prime abord leur origine purement naturaliste, adaptée plus tard aux ressources et aux besoins d'une population pastorale ou agricole, et plus tard encore obscurcie de spéculations mystiques ou cosmogoniques. On imagina que l'œuvre de la création avait duré un an et s'était accomplie en six actes successifs, — création du ciel, des eaux, de la terre, des plantes, des animaux, de l'homme, — au bout de chacun desquels Ormazd avec les Amshaspands avait célébré un Gàhanbâr. En réalité, les six périodes ainsi distinguées coïncident nettement avec les six divisions naturelles de l'année sous un climat pareil au nôtre.