‹ Le ParsismeChapitre 150 sur 203 · Le chien « à quatre yeux » joue aussi un rôle, non. pas · texte numérisé non relu

Le chien « à quatre yeux » joue aussi un rôle, non. pas

des yeux, ou bien un chien blanc aux oreilles jaunes. A défaut de cette béte rare, on peut recourir à l'assistance d'un chien ordinaire, dans Tordre décroissant de vertu : chien de berger, de garde, de chasse, sans maître' . On l'amène auprès du mort, et, lorsqu'il lui flaire le visage, la Nasu s'enfuit. On répète l'opération au début de chaque gah, tant que le cadavre demeure dans la chambre mortuaire ; après quoi, on apporte le feu, qu'on entretient constamment en y jetant des bois parfumés ; les démons n'en sauraient supporter Téclat ni l'odeur '. Un prêtre, assis à trois pas au moins du corps, récite des prières.

Le sag-dîd, toutefois, ne détruit pas entièrement la puissance infectieuse : il ne fait qu'en affaiblir le con" tage. S'il a eu lieu aux périodes régulières, l'homme qui aura touché le cadavre en sera quitte pour un

effectif, mais fabuleux, dans le rituel mortuaire <ie llnde : il y en a deux, qui sont les chiens de Yama, dieu dos morts, les Cerbère de l'enfer védique. Cette particularité incline à penser qu'il se cache, dans le rôle prêté au chien, autre chose encore que la notion de son utilité et de sa sagacité prati(iuos, et que les relations du chien avec la mort tiennent à un ensemble de croyances animiques indo-européennes dont il faut désespérer de jamais percer le mystère.

1. Le chien n'est pas le seul animal qui bannisse la Nasu. On a vu que l'oiseau de proie, mangeur ou non de charogne, est ormazdique: si un aigle, un faucon, un corbeau plane seulement au dessus du corps, la Nasu s'envole au contact de son ombré; si l'on rencontre sur sa route un cadavre a))andonné, mais entamé par la dent du chien ou le bec de l'oiseau, on peut le tenir pour affranchi de la Nasu.

2. Donnée naturaliste: tient à la propriété qu'a la fumée d'écarter les moustiques.

simple lavage au gômêz, puis à Teau. Dans le cas contraire, il lui faudra subir une série de purifications, espacées de trois jours, au bout desquelles on lui fera sag-dîd à lui-même comme à un mort ; car la Nasu aura passé en lui'. Il en est de même, si, plusieurs personnes se trouvant assises sur un même siège, l'une d'elles ou un chien placé dans leur groupe vient à mourir subitement : la Wasu se précipite et souille aussitôt un nombre variable d'assistants, selon leur proximité et la dignité du défunt '.

Ici, la liturgie authentique de l'Avesta place le rite dit des (( trois jours » (sadls), c'est-à-dire la veillée des trois nuits durant lesquelles l'âme, déjà séparée du •corps, mais incapable de s'en détacher tout à fait, voltige autour de lui, comme incertaine de la route obscure qu'elle doit prendre \ En fait, les textes prévoient, non seulement ce délai obligatoire de trois

Page 1