‹ Le ParsismeChapitre 153 sur 203 · LE CIMETIÈRE · texte numérisé non relu

LE CIMETIÈRE

recourir aux oiseaux du ciel, qui bien vite se sont apprivoisés à cette complicité intéressée de part et d autre : non toutefois au point de nicher dans les cimetières ou à proximité ; ils ne se reproduisent pas sur place, ils accourent à tire d'aile aussitôt leur proie entrevue, repartent de même, leur funèbre besogne finie, et il parait que nul ne sait d'où ils viennent ni où ils vont se gîter. Mais ils sont là, toujours prêts au premier signal du repas qu'on leur offre, sombres ministres d'Ormazd dans Tœuvre de la purification de l'univers.

Un dakhma^ — ainsi se nomment ces vastes tombeaux communs et anonymes — est une tour ronde et massive, en pierres autant que possible, dont le centre est vide et forme un puits profond. Un escalier conduit à une porte de fer, qui s'ouvre au sommet de la tour sur une plate forme circulaire, divisée par deux cercles concentriques en trois rangées de lits de pierre où Ton couche les cadavres. La rangée extérieure est réservée aux hommes; celle du milieu, aux femmes; la plus rapprochée du bord du puits, aux enfants. Le puits est destiné à recevoir, au moment même des obsèques, les vêtements du mort, et, deux fois l'an, les squelettes desséchés qu'on y jette, pour s'y pulvériser lentement sous la double action du soleil torrido et des pluies diluviennes'.

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