Vdd. 7. 49-52, et notes
LES FTNÉRAILLES 191
avons déjà vus à l'œuvre. Mais, pour l'assistance, est ménagé tout contre un petit réduit, qui joue le rôle de chapelle mortuaire : là se tiennent les parents, durant les dernières prières, tandis que les vautours font leur œuvre au sommet; là aussi ils viennent, les jours de commémoration, honorer le souvenir du défunt. Attenant à la chapelle est un autre réduit, mais clos, où n'entre que le prêtre qui y entretient le feu perpétuel : par un treillis aux trous obliquons, qui donne sur une fente ménagée dans le parapet de la tour, un rayon de ce feu va tomber sur les corps. El lux perpétua luceat ei !
Que les religions soient des créations de l'âme humaine, cela ne fait point doute; mais de l'ame hu maine éclairée de Tesprit divin, cela n'est pas moins manifeste. Est-il possible d'imaginer un plus saisissant mélange d'horreur sombre et de tendre piété, une plus large concession au néant associée à une foi plus intense en la vie qui en triomphe?
§ 4. — Les Funérailles.
Une heure environ avant le. transport, les croquemorts du dakhma, au nombre de deux au moins, vêtus de blanc, tout le corps couvert, y compris les mains et sauf le visage, ont apporté à la maison mortuaire une bière de fer, fait une prière et pris place à côté du corps, en tenant chacun un bout d'une bande d'étoffe. Deux prêtres, unis de même, à trois pas au moins du mort, récitent le gâh de l'heure, puis la
Gâtha Ahunavaiti jusqu'au verset 4 du chapitre HT ; sur quoi, les porteurs ordinaires placent le mort dans la bière; puis, les récitants achèvent la Gâtha, qui se termine par un sag-did au mort. Les parents et amis jettent sur lui un dernier regard et s'inclinent.
On se met en marche : l'assistance, en général, ne suit que jusqu'au bout de la rue; seuls, les parents et' les intimes vont jusqu'au daklima, vêtus de blanc, en cortège, deux à deux rigoureusement, à trente pas au moins derrière la bière, et priant à voix basse; deux prêtres ouvrent la marche devant eux. A l'arrivée devant la tour, on fait au mort le dernier adieu et le dernier sag-dîd, et les porteurs abandonnent la bière aux croquen)orts du dakhma, qui pénètrent dans la tour, dépouillent le cadavre, jettent les vêtements dans le puits, couchent le mort sur une des tables de pierre, face au soleil, et se retirent pour faire place aux vautours, qui, ayant aperçu la procession funéraire, attendent déjà, perchés sur les rebords de la plateforme.
Pendant ce temps, les parents demeurent en prière. La cérémonie terminée, ils se lavent au gômêz le visage et les parties découvertes du corps, récitent le patet, en y insérant le nom du défunt, rentrent chez eux, prennent un bain et gardent avec soin les observances de deuil qui ont été ci- dessus décrites.
1. Ils s'arrêtent aux mots a par la force de laquelle nous détruirons la druje », paroles de bon augure pour le défunt et l'assistance.