LE CULTE DES MORTS
§ 5. — Le Culte des Morts.
Encore que le rite des funérailles parsies se ressente toujours fortement de Tidée d'infection et de danger pour les vivants, commune à l'Inde et à la Perse, peu de détails de la triste cérémonie coïncident dans les deux religions: la défense d'inhumer ou d'incinérer, la nécessité d'exposer le corps ont eu fatalement pour conséquence une divergence pratique de plus en plus accentuée entre les deux séries d'opérations matérielles et, par suite, entre les deux liturgies. Mais nulle part la divergence n'éclate avec plus d'intensité que dans le culte rendu à la mémoire des défunts : tout spiritualiste chez les Parsis; encore profondément empreint, chez les Hindous, du sceau grossier des superstitions indo-éraniennes ou indo européennes.
Pour nos ancêtres indo-européens, en effet, comme pour beaucoup de sauvages ou même de demi civilisés, la vie de l'au-delà était une vie matérielle, plus vague et plus pâle, évidemment, que celle de ce monde, menée par des corps impalpables et sans consistance, — l'ombre que l'homme projetait de son vivant sur la terre étant censée descendue avec lui dans le séjour souterrain et désormais indépendante d'un corps qui avait été détruit par le feu ou par la corruption, — mais enfin une vie très pareille à la nôtre, consciente des mêmes sensations et affligée des mêmes besoins. De là, le caractère alimentaire du sacrifice mortuaire,
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qui MO r6f)/*tc ohc/ les IlindotiH k temps régléM* : de là, les libations d'eau, — ce n'est pas encore de l'eau bénite, — [)ourét;in('her la soif des pauvres àmoH; delà, les aliments offerts aux Mânes sous forme de l>olsde pâte, auxquels, en principe, un vivant ne doit point toucher, panse (|ue leur omineux cont'ict y a infusé un virus de mort. I^es Védas ont beau redire à satiété que les pieux défunts vivent dans le royaume paradisiaque de Yaina, bien mieux, au sommet du ciel, dans le soleil, dont ils entretiennent la flamme et d'où ils contemplent leurs de»c(;ndants, la liturgie, encore que plus récente de beaucoup, reste entièrement dominée f)ar ie concept primitif d'un au-delà souterrain ou vagabond, (pic le bouddhisme lui-même, bien plus tard, réalisera en ses speetres hâves, mourant de soif et (le faim sans pouvoir mourir, rôdant autour dos demeures humaines en (pl(^te de (pielque aumône, suppliciés et malfaisants.
Hien de semblable, parait il, dans TAvesta : évidciiirnent, il devait exister, en Perse, comme partout au monde, de tenaces superstitions populaires, des croyances aux revenants et aux morts démonia(|ues, (pKile ma/déisme n'a pu déraciner; mais du moins en semble t il, (piant à lui, aussi affranchi ({ue possible. Si on lui voulait trouver des paralhMes, c'est dans la foriruî éf)uré(î du culte ehrétien (ju'il faudrait les cherch(;r : le maz(l(')en garde le pieux souvenir de ses morts, [)ric [)our eux ou exalte; leurs vertus; il ne les