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LE CULTE DES MORTS

craint pas, ne croit pas qu'ils aient plus affaire de rien de terrestre, et sans doute, s'il pouvait admettre l'éventualité de leur retour momentané parmi les leurs, le saluerait comme une bénédiction.

Dans l'après-midi du troisième jour, — au gâh uzîrîn, — la famille se réunit et convoque les amis : les prêtres et l'assistance récitent la prière du gah, le Srôsh Yasht Ilâdhôkht^ et le patet. C'est à ce moment qu'on ouvre le testament du défunt et qu'on fait part de ses libéralités envers les pauvres, l'Église et ses ministres; les parents et moine souvent les amis rivalisent avec lui de générosité en cette occurrence* . S'il a bien vécu, si ses legs sont considérables, son nom sera inscrit dans les fastes du service divin et constamment rappelé au cours des cérémonies publiques*. Il n'y a guère d'exemple, non plus que dans notre moyen âge, d'un homme aisé décédant sans assurer quelque fondation pieuse.

L'aube suivante est décisive pour l'âme séparée du corps : c'est le moment du passage du pont et de la comparution devant les juges des morts. Les parents l'assistent des mêmes prières que la veille et d'un

1. Yt. 11. — C'est un service spécial, différent du Srôsh Yasht du Yasna (Ys. 57), quoiqu'il ait avec lui des parties communes. Comme la plupart des prières funèbres, il s'adresse à l'archange Sraosha, l'on a vu et l'on re verra plus bas pourquoi .

2. On sait que les communautés parsies sont généralement très riches. Elles n(i sont pas moins charitables.

3. Ainsi, dans l'usage catholique, les noms des bienfaiteurs aux prières du prône.

service funéraire d'Âfringân, et font en même temps des dons d'aliments aux prêtres et aux pauvres.

Autre service d'Âfrlngàn, le dixième jour après la mort; autre, avec récitation du Sîrôza, le trentième; enfin, le jour anniversaire de la mort, avec telles dépenses et libéralités que le peut comporter la fortune* ou la piété de la famille du défunt.

En outre de ces observances spéciales à chaque groupe familial, la dévotion générale aux morts est représentée dans le zoroastrisme par le culte des Fravashis ; on se souvient qu'il leur est consacré un mois de l'année, un jour de chaque mois et une division de chaque jour : il n'y a donc pas une journée où le mazdéen ne songea ses morts éminents, n'évoque le souvenir de leurs bonnes actions et ne s'encourage à les imiter. De plus, les dix derniers jours de l'année, fête de la création de l'homme, célèbrent la commémoration de ces nobles âmes, qui, pouvant vivre de la vie bienheureuse d'Ahura, consentirent de leur plein gré à affronter les luttes de Texistence terrestre et léguèrent à leurs descendants, avec l'exemple de leur héroïsme, le devoir de continuer jusqu'au bout le bon combat contre Ahriman et les suppôts de l'enfer'.

!. Cf. .supra p. 53 et 177.

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