‹ Le ParsismeChapitre 159 sur 203 · LES FINS DERNIÈRES · texte numérisé non relu

LES FINS DERNIÈRES

de la résurrection des corps qu'il s'agît : ils renaissent glorieux et immortels, et donc la résurrection ne fait pas double emploi. D'autre part, s'il n'y a point, dans le Véda, de résurrection finale, il y a bien çà et là quelques allusions à une résurrection du corps, immédiate si je puis dire, c'est-à-dire à peu prôs consécutive à la mort. (( Unis-toi à un corps, étant glorieux' », y dit on à un mort qu'on enterre. Ces faibles traces d'anthropomorphisme formel ont elles pu aboutir à la doctrine complète et élaborée de la résurrection parsie? Pourquoi pas? On sait de quel germe infime peut parfois sortir un dogme robuste. Dans ce cas, toute cette eschatologie serait bien réellement éranienne, et il n'y aurait nul besoin, pour se l'expliquer, de recourir à Tintervention de quelque influence étrangère. Mais alors, en tant qu'éranienne, elle nous étonnerait bien davantage, par son manifeste désaccord avec tout l'esprit, semble-t-il, de la métaphysique zoroastrienne.

Considérons, en effet, la lin des temps : Ahriman est vaincu, il ne reparaîtra plus, autant dire qu'il est anéanti; le Mal n'est plus; seul, le Bien absolu subsiste et règne; or, le Bien absolu, n'est-ce pas la

1. Rig-Véda, X. H, 8, et Atharva-Véda, XVIII, 3, 58. L'expression est ambiguë: elle peut signifier « revêts un corps glorieux » ou « revêts à nouveau ton propre corps désormais glorifié ». Mais ce dernier sens est le plus probable, et c'est bien alors, quoique maintenue dans le vague, toute la théorie de la résurrection corporelle ; car évi<lemment on ne peut attendre du Véda ni niême de l'Avesta, qu'ils la formulent avec la précision d'un traité de dogmatique.

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négation de tout conditionnement, de toute existence individuelle? l'U c'est le moment que choisit Ahura |)our individuellement ressusciter les corps des croyants I I^uisque la Mauvaise Pensée a cessé d'être, la Bonne Pensée (Spenta Mainyu), dont elle n'est (ju'un dédoublement, ne peut plus que se résorber en son premier principe', et le Règne de Dieu (Khshathra Vairya) ne peut plus s'effectuer que dans le sein de Dieu même ; et, si cet archange et cette hypostase se noient dans la divinité, h plus forte raison devraient s'évanouir les anges et les hommes et toute la création, (|ui n'a eu d'autre but que la lutte à mener contre l'Ennemi maintenant et à jamais vaincu. — Que répondre à cela, sinon que l'eschatologie du mazdéisme et sa métaphysique ne sont évidemment point de la même date, et que la résurrection des corps est le legs ancestral d'une époque où la lutte du bien et du mal, du dieu et du démon était fort loin encore d'avoir revêtu les formes épurées et idéales que nous lui connaissons dans l'avestisme ; en d'autres termes, ([u'elle y détonne, et d'autant plus nous y intéresse, comme un témoin de son antique passé?

Nous n'en avons pas fini encore avec les antinomies du parsisme; car, si la vie individuelle subsiste et renaît dans le Bien absolu, que faire de ceux qui furent impies, des damnés? Ils ne peuvent rester en enfer ; car il n'y a plus d'enfer, du moment qu'il n'existe plus ni mal ni souffrance. Les faire monter

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