‹ Le ParsismeChapitre 160 sur 203 · LES FINS DERNIÈRES · texte numérisé non relu

LES FINS DERNIÈRES

au ciel avec les justes auprès d'Ahura, c'est plus que la miséricorde de ce Dieu n'était capable de concevoir : que dis- je ? ce serait un sacrilège aux yeux du vrai raazdéen, qui ne saurait admettre de compromis entre le mal et le bien, ni que quelques années de tortures pussent acheter la félicité éternelle. Alors quoi? l'on s'en débarrasse en les noyant dans un fleuve de métal fondu; c'en est fait d'eux \... Mais le méchant n'avait-il donc pas, lui aussi, en lui même, un principe immanent, qui préexistait même à sa naissance, sa F'ravashi immortelle enfin*? et que devient-elle dans cette immersion? Il n'y a pas de flamme qui puisse la consumer : comment les Fravashis des justes seraient-elles seules immortelles, alors que toutes les Fravashis ont été créées ensemble, antérieurement au temps, égales entre elles et semblablement impérissables? On ne conçoit pas que l'action d'un être fini puisse avoir pour effet de rendre mortel un principe de vie infini; et, si ce n'est point la Fravashi qui meurt, si simplement l'impiété du méchant a, par un mécanisme qui se déclenche en quelque sorte à la fin des temps, dé-

1. Dans la conception moderne, le bain de métal fondu est une purification énergique, doù les méchants, quels qu'aient été leurs crimes, sortent lavés et dignes delà béatitude. Il n'y a plus, dès lors, aucune différence entre les destinées des -divers vivants. Toutefois certains péchés graves privent le pécheur de l'existence future: il devient un démon ou un serpent, et par suite il disparaît dans l'anéantissement final. Cf. N. Sôderblom, la Vie future d'après le Mazdéisme (Paris, Leroux, 1901), p. 261.

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