Cf. supra p. 53 sq
taché son âme mortelle de sa Fravashi immortelle, si enfin son âme seule meurt, encore faudrait-il nous le dire, puis nous révéler ce que devient à son tour cette Fravashi sans support, qui, sans corps et sans âme, ne doit plus être capable de jouir ni de souffrir de rien!
Mais ceci est de la théologie et nous ne sommes point théologien. Il est probable que les théologiens du mazdéisme auraient réponse à toutes ces objections et à bien d'autres, s'il nous était donné de les interroger et que le caractère de ce petit livre se prêtât à la controverse. Nos vues sont moins ambitieuses : sans prétendre concilier l'eschatologie du mazdéisme avec sa métaphysique, voyons simplement ce qu'il enseigne des fins dernières de l'homme, soit d'après TAvesta, soit selon les témoignages fondés sur la tradition postérieure.
§ 1^^, — Les (( Trois Jours ».
La tendance spiritualiste et moralisatrice jusqu'à l'hyperbole de la doctrine mazdéenne se traduit dès l'abord par la façon dont elle conçoit la situation de l'âme immédiatement après le décès. Visiblement, Zoroastre s'est trouvé en présence d'une vieille croyance animique, fort répandue par ailleurs, suivant laquelle l'âme détachée du corps ne saurait pourtant encore s'en séparer tout à fait : elle continue à le hanter durant quelque temps, — ici, trois jours et trois nuits, — jusqu'aux funérailles accomplies.