‹ Le ParsismeChapitre 168 sur 203 · Cf. supra p. 85 sq · texte numérisé non relu

Cf. supra p. 85 sq

riadcs de myriades de siècles où s* égare celle de rilindou, et leur positivisme un peu sec se serait malaisément contenté de l'espoir d'un triomphe du Bien confiné à l'infini des temps \ Il lui faut une assurance ferme et un terme prochain.

Donc, vers la fin du troisième millénaire après Zoroastre, il naîtra de sa semence un fils, appelé par la grande détresse de la terre menacée d'une nouvelle incursion de la druje Zohâk : ce sera Saoshyant (Sôshans) « le Sauveur* ». En même temps qu'il viendra, se relèveront les trente Dormants, quinze hommes et quinze femmes, héros immortels, qui sommeillent en attendant sa naissance et se réveilleront pour l'assister dans son œuvre*. Alors, pendant

1. Comparer la boutade de Sarcey à Eenan : « Me voilà bien avancé, do croire que le bien absolu se réalisera, on ne sait quand, clans quelque planète de l'orbite de Sirius! »

2. Zoroastre aura ainsi trois fils, espacés de mille en raille ans et suscités pour délivrer la terre de quelque formidable assaut du Malin. Voici comment : la semence de Zoroastre, gardée par 99999 Fravashis, est déposée au fond du lac Kâsu ; une vierge qui s'y baignera deviendra enceinte et enfantera un flls, qui sera un héros libérateur. Le premier sera Ukhshyat-ereta (Oshêdar) « celui qui fait croître le bien »; le deuxième, Ukhshyat-nemô (Oshêdarmâh) a celui qui fait croître la prière m ; le troisième, Astva|-ereta, « celui qui fait relever les êtres corporels », naîtra quand Zohâk aura brisé les liens qui l'enchaînent depuis la victoire de Ferîdùn, et recevra le titre de Saoshyant le victorieux : Darmesteter, T., i4., II, p. 521, n. 112, et lll, p. lxxx.

H. Darmesteter, Z. A., II, p. 038, n. 125. On voit quels éléments hétérogènes le mazdéisme a laissé pénétrer dans sa mystique : la vierge fécondée par un miracle, les héros qui dorment un long sommeil, c'est du mythe ou, si l'on veut,

trente jours et trente nuits, le soleil s'arrêtera au zénith, l'ordre de 1 univers sera bouleversé. Le héros Keresâspa' (Karsâsp), le premier qui se lèvera d'entre les morts, tuera la dru je d'un coup de massue et régnera sur le monde, puis abandonnera la royauté à un ancien et glorieux roi des légendes, Kavi Husravah (Kai Khosrav), qui pendant 57 ans gouvernera sous les auspices de Saoshyant devenu son grandprêtre. Ensuite ce sera au tour du roi Vishtâsp de ressusciter, et Saoshyant transmettra sa dignité à son père Zoroastre, en sorte que toutes choses seront remises au point où elles étaient lors de la venue du Prophète et que le monde sera mûr pour la victoire d'Ormazd*.

Tous les morts ressuscitent pour le Jugement Dernier qui prend la forme la plus usuelle de l'ordalie persane ^ Un immense déluge de métal fondu balaie la terre grouillante de corps revenus à la vie : les méchants, aveuglés, engloutis, consumés, disparaissent à jamais; les bons, et ceux dont les fautes avaient été assez légères pour que leur temps de purgatoire les pût racheter, passent à travers ce flot furieux comme

du folklore pur, qui se retrouve, non seulement dans l'Inde, mais un peu dans toutes les littératures populaires. — Cf. en core : Yt. 13. 129 (Farvardin Yasht, li9).

1. Cf. infra p. 222 . — Il n'est pas besoin d'ajouter que les noms et les détails de cette histoire prophétique manquent de fixité dans les textes, mais qu'il est impossible et inutile ici d'en consigner les divergences.

2. Cf. supra p. 23 sqq., et Darmesteter, Z. A., II, p. 626, n. 58, et 640, n. 1.38.

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