Cf. supra p
2. Ce mot, quelle qu'en soit lin^Iécise étymologio, e«t »ûrcmcnt indo-européen, niai.s il a subi suivant le» lieux desfortunes diverses : dans l'Inde, le nom propre J5haga désigne un dieu assez obscur et secondaire ; au contraire, le grand dieu des Phrygiens .se nommait J^agaios, et dans tout^îs les lanjrues slaves \^oi: est le DU'm unique du christianisnic.
242 LE l'ARSISME
plus qu'ils accomplissent aucune leuvre; c'est toujours leur chef qui ap;it seul, qui fait Darius roi, qui le fait conquérant, qui le comble de richesses et d'honneurs; on dirait qu'il n'y a déjà plus place^ à côté de son culte, pour aucune dévotion particulière. Plus tard seulement, par les inscriptions d'un des derniers Achéménides, Artakhshathra II, nous apprenons que les l^erses vouent un culte spécial à Mithra et à Anâhita, deux déités naturalistes, — soit qu'une tradition constante quoique tacite les eût toujours préservées, soit plutôt que la piété d'une époque de décadence s'efforçât de se retremper aux sources vives de l'antique religion des ancêtres.
Qui donc étaient ces Bagas que l'on ne nomme point? Darmesteter^ se refuse à croire que ce fussent les Yazatas et les Amesha-Spentas que nous a révélés l'Avesta, et il a pour cela de bonnes raisons, puisqu'il considère ceux ci comme des abstractions empruntées au néoplatonisme alexandrin : « les dieux », dit-il. <( auxquels sacrifient les Perses d'Hérodote sont des divinités naturalistes, le Soleil, la Lune, la Terre, le Vent, les Eaux. » Mais la plupart des Yazatas n'étaientils pas cela même à l'origine et ne le sont-ils pas restés jusque dans la doctrine spiritualisée*? et ces êtres visibles et tangibles ne devaient-ils pas, bien plus aisément que de pures abstractions, fixer l'attention de ces Grecs du V*^ siècle, au génie essentiellement plastique