‹ Le ParsismeChapitre 187 sur 203 · Cf. supra p. 47 sqq · texte numérisé non relu

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dont la religion, elle aussi, était encore tout imprégnée de naturalisme? D'ailleurs, si Plutarque est le premier historien grec qui donne Ténumération complète des Amesha-Spentas, on sait que Strabon déjà en connaît au moins deux, et que Plutarque lui-même, qui n'est qu'un compilateur, a puisé ses renseignements chez des écrivains bien antérieurs, peut-être jusque dans Théopompe (IV® siècle); et l'onomastique des Achéménides riche en noms propres où entrent en composition des noms de divinités avestiques, suffirait au besoin à attester la dévotion de ces souverains envers Asha (Arta) Vahishtaet Klishathra Vairya, tous deux Amesha-Spentas.

Il n'y a donc pas de raison de croire que la religion des Achéménides ait été sensiblement différente de celle de Zoroastre, ni leur culte de sa liturgie, telles que nous les avons décrites ; car ils entretenaient certainement le feu perpétuel, ce qui, sous le climat de la Perse, suppose l'existence d'édifices qu'on peut bien nommer temples^ ; et, si les cérémonies qui se déroulaient en ces enceintes étaient peut-être moins complexes que celles dont s'éprit la génération postérieure, au moins doit-on croire qu'elles en contenaient déjà tous les élé-

1. Les Grecs assurent que les Perses n'en avaient point. C'est tout uniment à dire qu'ils n'en avaient pas au sens où l'entendaient les Grecs, point de ndol, contenant une statue de dieu, vis-à-vis de laquelle, au dehors, se dressait l'autel du sacrifice ; mais les fouilles de Suse ont mis hors de doute l'existence de hiera^ édifices clos, inaccessibles au regard même des laïques et contenant, comme aujourd'hui, l'autel du feu sacré : Darmesteter, Z. A., III, p. lxxi.

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iiients essentiels. Mais il convient d'ajouter, à la louante de ces rois sincêremenl pieux, quoique souvent «Tiiels par nécessité, que leurs édits témoignent de la plus large tolérance envers les croyances et les rites (le leurs sujets conquis: au temps de sa plus grande prospérité, l'empire perse fut, comme plus tard l'empire romain, une véritable bigarrure de religions, et tous ses sujets, Hindous, Assyriens, Babyloniens, Juifs, K^yptiens, y vécurent paisiblement sous les auspices de lois saî<es et paternelles.

Le premier Darius se heurta déjà, vers la fin de <on rè^ne, a la nation encore embryonnaire qui devait, durant deux siècles, faire échec à la puissance perse et finalement la détruire. Il mourut, peu après Marathon, en 485, léguant son royaume et sa vengeance à son fils Khshayarsha (Xerxès I«'), qui échoua dans toutes ses entreprises contre TOccident révolté et vit même des flottes grecques porter le pillage jusque sur <on littoral. Après sa mort (466), Thistoire de Perse n'est ])Ius que péripéties du grand duel engagé entre IKuropoet l'Asie : son fils et successeur, Artakhshatlira (Artaxerxès ^ Longuemain), réussit à rétablir Tinté;;ritéde remj)ire contre les Mgyptiens rebelles, mais >i^ne un traité qui reconnaît l'indépendance des Grecs d'Asiiî (41îij, et ce recul d'une puissance jusque-là conquérante la divise contre elle-même ; Xerxès II (425) ne règne riu'uii mois et demi, supplanté par un

1. r)ii voit (pic. \('S ^ircos ont altôré le nom de ce prince en ('()iï{<)n<\iu]i h's <l(Mix dcrnicTes syll;i))(*.s de ce nom avec celui 'lo Khsliîivarslia.

bâtard ; et celui-ci à son tour cède la place à Darius II, dit le Bâtard (Nothos, aussi Okhos), dont le triste règne (425-405) n'est qu'un tissu de misères et de crimes.

Toutefois, si la Perse est mal en point, ses adversaires sont paralysés par leurs discordes : la guerre du Péloponnèse a éclaté ; les Grecs se déchirent entre eux, et le grand roi va pouvoir jouer le rôle d'arbitre. Au moment où Artakhshathra II (Artaxerxès Mnémôn) monte sur le trône, Sparte vient d'écraser Athènes ; malheureusement, il lui faut d'abord lutter contre son frère Kûrus (Cyrus le Jeune), qui lui dispute le trône avec l'appui de Sparte et l'aide de troupes mercenaires ; Xénophon, les Dix Mille. Ce péril passé, le roi se ressaisit et finit par arracher à Sparte le fameux traité d'Antalkidas (387), étonnant mais éphémère renouveau de l'hégémonie perse sur la Méditerranée orientale. De son vivant encore, puis sous son fils et successeur Artakhshathra III (Artaxerxès Okhos, 362- 340), l'Egypte se soulève : elle est vaincue à deux reprises, foulée aux pieds ; mais ces secousses répétées ont définitivement ébranlé le vieil édifice. Après l'assassinat d'Okhos et un court interrègne, un parent éloigné des Achéménides, que les Grecs nomment Kodomanos, ceint la tiare et prend le nom de Darius III (337) : c'est la fin ; la Macédoine a concentré sous sa main de fer toutes les forces du monde hellénique et va les lancer sur la Perse.

Eh bien, il semble que le dernier Darius ait voulu par sa pensée suprême, comme le premier par ses mo-

nunients, attester à la postérité l'inébranlable attachement de la dynastie à cette religion de Zoroastre menacée de périr avec elle. Codonian, rapporte la tradidition persane, fit transcrire TAvesta tout entier ' en deux exemplaires, dont Tun fut déposé dans le trésor royal, l'autre aux archives du royaume. Cette inestimable documentation disparut dans le sac de Persépoli>, soit inconsciente brutalité des vainqueurs, soit propos délibéré de la part d'Alexandre, qui aurait fait traduire en grec les livres relatifs à la médecine et à l'astrologie et jeter au feu tous les autres. Brûlés ou non, rien ne nous est parvenu de ceux-ci ni de ceuxlà : toute une noble civilisation s'est évanouie sans laisser d'autres traces que celles qu'en ont laborieusement recueillies ses descendants, la tourmente passée, et il faut toute la gratitude que nous devons à la Grèce pour Tabsoudre à nos yeux de ce crime.

§ 2. — Les Ahsacides.

Après le passage du fléau de Dieu que les Persans d'aujourd'hui, parsis ou musulmans, appellent encore (( le maudit Iskander », la domination grecque essaya bien, mais en vain, de recoudre ce qu'elle avait coupé: les lambeaux épars ne voulurent pas se rejoindre ; les parties les i)lus éloignées du centre retombèrent à la barbarie ; d'autres retrouvèrent quelque éclat sous des dynasties étrangères. Mais, si l'on interrogeait

1. Bien enteiulu, les 21 livres (luo catalogue le Dlnkart et dont il nous reste si peu de choi;c : cf. supra p. J:8.

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