‹ Le ParsismeChapitre 19 sur 203 · LE FEU · texte numérisé non relu

LE FEU

ancêtres indo-éraniens. Haug a vu dans ce double contraste la claire expression du schisme religieux qui, selon lui, dut séparer des adorateurs d Indra et de la force brutale les pieux et spiritualistes sectateurs de Zoroastre. Darmesteter, de son côté, le réduisait à un simple accident de lexicologie. Haug se trompait, puisque, dans presque tout le Rig-Véda encore, l'Asura est un dieu souverain et adorable ; mais Darmesteter bien davantage, qui a méconnu la profonde rupture de tradition attestée par cette interversion. La vérité, c*est que la scission historique doit être reportée à un passé fort antérieur à la venue du prophète éranien : il y eut, bien après le Rig-Véda, des Âryas adorateurs des Asuras, et d'autres qui ne sacrifiaient qu'aux Dêvas; dans un clan des premiers naquit, beaucoup plus tard, le fondateur du mazdéisme ; ce sont les haines et les ferveurs des seconds qui inspirèrent la théologie exclusive des Brâhmanas\ Ainsi se concilie au mieux Tapparente antinomie.

§ 3. — Le Feu

De ce que les Dèvas en masse sont maudits et redoutés du fidèle avestéen, il n'en faut pas conclure que chacun individuellement des Dêvas de l'Inde se soit mué en démon sous la baguette magique du prêtre mède. Tant s'en faut ; ce n'a guère été que le sort de quelques déités inférieures, comme ce Nâsatya vé-

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