‹ Le ParsismeChapitre 20 sur 203 · Cf. Hillebrandt, Ved. Mythologie, III, p.. 430 sqq · texte numérisé non relu

Cf. Hillebrandt, Ved. Mythologie, III, p.. 430 sqq

diqueS dont l'Avesta, sous le nom de Nâonhaithya^ a fait un des premiers officiers de la cour infernale Si Indra, lui aussi, tient un rang élevé parmi les coryphées de la puissance des ténèbres, il n'y figure vraiment que de nom : le vrai Indra, celui que le Véda surnomme Vrtrahan (( meurtrier de Vitra », transparaît clairement en Perse sous Thypostase équivalente de Verethraghna ; l'Avesta ne lui attribue plus aucun exploit précis, ne connaît plus le monstredontil achâtié l'insolence, ne sait plus même sans doute ce que signifie son nom ; il l'a spiritualisé, en un mot, et noyé dans le flux monotone de sa prose louangeuse* ; mais ce nom vainqueur, il ne l'a pas oublié, et Verethraghna demeure pour lui l'incarnation de la force valeureuse et triomphante. Quant au plus pur, au plus saint, au plus secourable des dieux védiques, il s'en faut de bien peu que Zoroastre ne lui assigne également la première place en son ciel.

Le culte du feu, suggéré par la nécessité d'entretenir constamment ce précieux auxiliaire, difficile à reproduire s'il venait à s'éteindre, a peut-être été chez les Âryas le premier rudiment de pratique religieuse. En

1. Plus exactement, les Nâsatyas : c'est un des noms que portent, dans le Véda, les deux Açvins, les jumeaux célestes qui amènent l'Aurore sur leur char resplendissant. Plus tard, chacun prend un nom spécial : l'un s'appelle Dasra, et l'autre, Nàsatya. Cf. Mém. de la Soc. de Linguistique de Paris, IX, p. 105, et infra p. 71.

2. Yt. 14 (Bahrâm Yasht), où néanmoins subsistent nombre de traits mythiques tout primitifs, notamment la spécifique incarnation d'Indra en un taureau aux cornes d'or.

LE FEU ir>

tout cas, on le retrouve dans toutes les nations indoeuropéennes, nulle part pourtant plus développé que chez les Hindous préhistoriques, qui semblent s'être ingéniés à méditer sur tous les aspects du merveilleux phénomène: feu domestique, qui sèche" les corps transis et rend comestibles les aliments les plus durs ; feu de Tautel, qui élève vers le ciel sa colonne éblouissaute, pour convoyer aux dieux les oblations que leur destinent les hommes rivés à la terre ; feu de magie, enfin, qui défend ses fidèles contre toutes puissances démoniaques, tous sortilèges impurs, comme jadis son ancêtre, le brasier de la hutte primitive, écartait les fauves nocturnes et brûlait les insectes buveurs de sangV A cette triade induite de la vie quotidienne, la spéculation plus réfléchie en superposa une autre, qui s'érigea en une sorte de synthèse de l'univers visible ^ le soleil est un feu, puisqu'il échauffe ; l'éclair, un feu, puisqu'il incendie ; de là, le concept des trois Agnis, le céleste, le spatial et le terrestre, ce dernier le plus proche ami de l'homme et le confident de ses plus intimes besoins. Nous retrouverons dans TAvesta, moins méthodiquement classées et toutefois moins vivantes, ces hypostases de la vertu ignée.

Celle qui y manque est celle que Tlnde n'a développée que plus tard et sous l'influence de mœurs relativement nouvelles, celle de l'Agni Kravyâd ou

1. Cf. Henry, la Magic dans l'Inde antique, p. xvi et 3 sq. Le sacrifice védique à trois feux garde, dans sa liturgie savante et compliquée, le souvenir parfaitement net de cette triple origine et de cette diversité fonctionnelle.

dévorateur de cadavres ^ On sait que les Perses repoussent comme une affreuse profanation la crémation après décès. Ici encore, constatons Taccordde vues, que voile à peine un antagonisme tout superficiel. L'épithète courante de l'Agni védique est pàcaka « le purifiant ». — Le feu est l'être pur par excellence, disent les brahmanes : il faut donc que le corps passe par le feu et y laisse toutes ses souillures, pour que le défunt •entre pur au royaume éternel de Yama ; après quoi, le feu ainsi contaminé perdra ses qualités nocives par la vertu d'une lustration rituelle. — Le feu est l'être pur par excellence, ripostent les mazdéens : qui donc oserait en outrager la sainteté, en lui infligeant l'abominable tâche de dévorer ce qu'il y a sur terre de plus immonde, un cadavre en voie de corruption ? — La mystique est coutumière de ces raisonnements poussés à l'outrance, où les extrêmes se touchent.

Il n'est pas jusqu'aux fonctions sociales du feu qui ne se répercutent i'un domaine à l'autre sous le bénéfice d'une transposition aisément saisissable. L'Inde védique distingue le feu protecteur du foyer familial, celui du clan ou de la tribu, celui de la fédération des tribus {naiçoânara « commun à tous les hommes »). L'éranisme a trois feux tutélaires, paré chacun d'un titre différent : celui des prêtres et docteurs, celui des guerriers, celui des laboureurs*. Comme il enregistre expressément la distinction de la

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