‹ Le ParsismeChapitre 192 sur 203 · Cumont, op. cit., p. 179 sqq · texte numérisé non relu

Cumont, op. cit., p. 179 sqq

Mais le sacrifice du taureau était usité dans bien d'autres cultes, et notamment, en Asie Mineure, à titre d'initiation baptismale : tout indique que cette innovation s'était développée dans le culte d'Anaïtis, déesse perse sans doute, déesse souvent associée à Mithra, mais enfin indépendante de lui, et dont les rites s'étaient propagés indépendamment des siens. A l'époque du syncrétisme gréco-perse, cette Anaïtis fut assimilée à Cybèle, àla Mater Magna, àl'Artémis Tauropole « à qui l'on sacrifie le taureau » et dont la fête se nommait taiiropolium. De là, le nom correct de la cérémonie, encore consigné en Occident sur la plupart des anciennes inscriptions, mais modifié dans les plus récentes, suivant la bizarre étymologie populaire qui en avait fait taurohoUum\ La première en date des inscriptions tauroboliques connues n'est que de l'an 134 de notre ère, et elle n'est point consacrée à Mithra, mais à une Vénus. D'autre part, toiïtefois, le mithriacisme ne pouvait pas faire mauvais accueil à une cérémonie qui mettait en jeu l'un de ses acteurs favoris, honorait la grande déesse Terre à qui il vouait une dévotion si spéciale, et enfin répondait avec une énergie si crue au besoin de purification inhérent à son mazdéisme exaspéré.

Le néophyte qui se soumettait au taurobole se cou-

1. Ce mot est impur non-sens, mais consacré par l'usage. — A son imitation, on créa aussi le criobole ou sacrifice baptismal du bélier : on sait que le bélier, comme le taureau et généralement tous les animaux cornus, est une figuration du soleil (les cornes sont les rayons) .

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chait dans une fosse, au fond d'une sorte de cave, audessus de laquelle se dressait un bâti avec plancher à claire-voie. Le sang du taureau égorgé dans cet abattoir ruisselait à travers les fentes, et le baigneur de ce bain écœurant prenait soin lui-même d'en frotter toutes les parties de son corps, afin que l'efficacité en fût parfaite. Il en sortait absous de tout péché, lavé de toute souillure, et comme renaissant à une vie nouvelle. Avec du sans cette surcharge, brillante mais courte fut la carrière parcourue par le mithriacisme à travers le monde romain. Quand les légions eurent touché le seuil de cet Orient, où il couvait au sein des antres clos qui lui servaient de temples, il se répandit de proche en proche, gagna Rome et de là rayonna sur les provinces : dès le I*^^ siècle, Plutarque et Stace le signalent comme d'institution courante ; sous les Flaviens, il est déjà très prospère ; sous les Antonins, à la faveur de la paix intérieure, il gagne autant de prosélytes au moins que le judaïsme et le christianisme ; à la fin du II<^ siècle, il compte, rien qu'à Ostie, quatre temples, et la carte que M. Cumont a jointe à son bel ouvrage nous le montre successivement importé par les légions romaines en Dacie, en Norique, aux bords du Rhin, où il accuse un groupement considérable autour de Mayence, puis jusqu'aux extrêmes frontières, à Cordoue en Espagne, à Lambèse en Afrique, au vallum d'Hadrien qui défend la Grande-Bretagne soumise contre les Pietés indomptés :

■ Et penitus toto divises orbe Britannos.

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Il n^K^Miiblaft trop au chrintiatiNino pour \w pan profitisr (Ion in^rnoN cJnïoiiNtaiicoH qui favorU/*rotit la <liff union (InN nouvolloN croyaiuuiH ; nialN auNnl il lui n^NHoinblait trop pour nu pa» NoufTrir de la concur' ronce, du Joiir où len doux roligionN grandien et affor niioH, Mortant do l'onibro do lourMi^ryptoH, no trouveront on prô'^onoo au grand Jour. Pour leNadoptoH do Mitlir», il ('•tait (( lo Môdiatour » (lAnivr^;), coniuio pour Ion AloxandrinN lo Vorboet pour Ion olinHiouN lo(^hriNt. LoM iUuix (!ultoN r'staiont organlNi^N do uiAtno, on convonticuloN MoorotN, dont I<în nuunbroN no donnaient onlro eux lo nom do « fr^roN», rooovaiont un liaptAmo otunooonfinnation. N'aNporgoaiont d'oau bi^nlto, oomtnunlaiont NouM doux ONp^c^oN, pr^obaiont une morale piiro ot aNo/ttlfiuo, oroyalont aux pi^inoN ot aux T^uuttu' p(uiH(*M fiituroM, ob/'imaiont lo mAmo jour do la Nomaino . IIh no fiiHlonnôront pas oopf^ndant : pour autant qu'Un HO oonnalsMaiont ontro oux, Un no voyaient NomblaiiloM; mais cbaoun croyait (pto lo oult(*. du rival r'^tait la vilo r'.ontr(!fa(;on du nIou, (tt Un no diMIaifuit l'un (U*. l'autre d'autant pluN (ju'ilN avaient l'air do no plagier.

l/av;int;igo domoura longtompN au mltbriaoiNUio : iiu miii(!U (lu III" Ni/*ol(% il (H;iit p(^rmiN de oroiro (|U(! Mitliri'i allait compK'trir ir; mond(;. Iwsn pouvoirN offl-

J. ('iiiMont, n/i, r//., |), ÎUU N<|, 1^1 ',\Mi Ht\, ()ii nnïi ({uo lu ri'\um (lu (UftiniirlM^ (5|/iii. pour U^n ]mU'i\H un (il)J<H rl<i (Uivininti fi i\i' Mr/nwluli* ; lltitil. Niiuuil. ilint'mr. \/.'M\. K/iUon chi phiN pfitir <|u II n'*''hi un liiMi niornl cnirn touN cimu rjui \'ii\tnt*r' vahMil, hiMfi wïU'WX, il puratt prohalil'^ (\\u^ lu Hx/ilion <l<s lu fMiwli^ N<i/»| uu i'.'» «liM'iMiilirn, (jul ii<' ♦liitr «pxi rju IV" HÏiU'hi, l'MUwn d'InlIuf^fircM inillirluqucM,

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ciels, menacés par les progrès du christianisme, ne se faisaient pas faute de soutenir l'adversaire le plus redoutable qu'ils lui pussent opposer : en 273, Aurélien dote largement un culte solaire; Dioclétien, qui transporte à sa cour le faste et le protocole de celle des Sâssânides, n'a que prévenances pour une religion imitée de la leur; bref, « une liéliolàtrie vaguement monothéiste paraît sur le point de devenir, dans l'empire romain comme dans l'Iran, la religion d'État, unique et intolérante ^ ».

Mais la Croix triompha, et l'édit de Constantin ne fit que consacrer sa victoire ; toléré d'abord, puis pourchassé sous les princes qui lui succédèrent, le mithriacisme disparut plus tôt encore que les autres cultes païens privés de l'appui officiel. En vain, au IV® siècle, Julien s'efforça de galvaniser ce corps désormais sans vie : l'échec des entreprises des empereurs contre les rois parthes n'était pas de nature à encourager la propagande d'une religion qui rappelait celle de ces éternels ennemis ; le mazdéisme devint suspect à Constantinople et à Home, comme en Perse rétait le christianisme*. En 391, l'avènement de Théodose ruina les dernières espérances de ses derniers fidèles : il végéta encore obscurément dans quelques pagi perdus des vallées des Alpes et des

1. Cumont, op. oit., p. 344 : a les chrétiens aUèrent jusqu'à considérer, non sans quelque apparence de raison, le clergé mithriaque comme l'instigateur de la grande persécution de Galère. »

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