‹ Le ParsismeChapitre 194 sur 203 · I. Lk (JuuisTiANisMK. — Quoi qu'cn disent les · texte numérisé non relu

I. Lk (JuuisTiANisMK. — Quoi qu'cn disent les

légendes tardives qui attribuent aux premiers successeurs des Apôtres Tintroduction du christianisme en Perse, et bien que les communautés juives de Babylone aient été de bonne heure visitées par des missionnaires chrétiens, qui au surplus n'y eurent que peu de succès, tout porte à croire qu'antérieurement à l'avènement de la dynastie sâssânide l'empire perse ne comptait point encore de communautés chrétiennes organisées. « Ce n'est guère que vers 250 que le christianisme catholique, issu des grandes luttes qui diviseront au 11^ siècle les Eglises du monde gréco-romain, avec ses dogmes définis et sa hiérarchie rigoureusement constituée, put étendre ses conquêtes jusqu'aux rives du Tigre ^ » et par delà.

Il n'y trouva point, d'abord, trop mauvais accueil : ce n'est pas comme chrétien, mais comme mazdéen hérétique, que Manès, après bien des vicissitudes, fut appréhendé et condamné à mort ; et, si les juifs étaient mal vus, soumis à diverses mesures vexatoires, les chrétiens ne paraissent pas avoir été inquiétés tant que le paganisme resta la religion dominante chez les Romains. Mais, lorsque le revirement de Constantin eut commencé à porter ses fruits, le christianisme, devenu la religion de l'ennemi, fut à bon droit suspect, et d'autre part les chrétiens de Perse ne purent manquer de jeter des regards favorables et suppliants vers cet Occident lointain où ils voyaient poindre des libé-

1. J. Labourt, le Christianisme clans V Empire Perse (Paris, Lecoffre, 1904), p. 17.

rateurs. La persécution commença sous Sapor II*, pour ne point cesser, que par accalmies courtes et incertaines, quand un souverain, par tolérance ou calcul, se départait de sa rigueur, ou que le Bas- Empire était assez fort pour la lui faire modérer. Ardashîr II (379-383) suivit les errements de son prédécesseur; mais Sapor III inaugura une politique pacifiïiue, continuée après sa mort, et à la faveur de laquelle les communautés chrétiennes, respectées par é{i:ard pour Byzance, s'étendirent et prospérèrent rapidement. En 410, elles purent espérer que Yazdegerd I*^'' allait reprendre à son compte le rôle qui, cent ans plus tôt, avait si bien réussi à Constantin : (( Il ordonna que, dans tout son empire, les temples détruits par ses pères fussent magnifiquement rebâtis, que tous ceux qui avaient souffert pour Dieu fussent remis en liberté, que les prêtres, les chefs et le clergé circulassent sans crainte ni contrainte' ».

Mais la force des choses est plus forte que le bon vouloir des hommes : les adversaires, également fanatiques, étaient irréconciliables, et le zèle indiscret des chrétiens fut le premier à provoquer de nouvelles représailles. A la suite de la destruction d'une chapelle du feu (420), l'évèque Abda, qui se refusait à la faire reconstruire, fut mis à mort, et ce môme roi Yazdegerd, qui pourtant passa parmi les siens pour un mazdéen fort tiède, se vit entraîné à ordonner une persécution

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